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Berlin protège les synagogues, les écoles juives et les manifestations au moyen de la police et de mesures de sécurité. Dans le même temps, des Juifs se demandent s’ils peuvent porter ouvertement une étoile de David, parler hébreu ou montrer leur lien avec Israël. C’est précisément cet écart entre la protection institutionnelle et la liberté personnelle qui constitue désormais l’une des questions décisives de la vie juive dans la capitale.
En 2025, la police berlinoise a recensé 2 268 infractions antisémites. Cela représentait 443 cas de plus que l’année précédente. L’administration de l’Intérieur attribue principalement cette hausse à l’enregistrement plus systématique des plaintes. Le Centre de recherche et d’information sur l’antisémitisme de Berlin (RIAS) a documenté, sur la même période, 2 197 incidents antisémites, soit environ six par jour en moyenne. Ces deux chiffres proviennent de systèmes de recensement différents et ne doivent pas être additionnés. Ils décrivent toutefois le même problème social sous des angles différents.
Porter ouvertement l’étoile de David : quand la visibilité juive devient un risque
RIAS ne documente pas seulement des chiffres, mais aussi les conséquences sur la vie quotidienne. Des Juifs et des Israéliens subissent des agressions dans la rue, les transports publics, les établissements d’enseignement supérieur et d’autres lieux de la vie quotidienne. Le centre de signalement décrit explicitement les conséquences pour la visibilité de la vie juive.
La concrétisation de cette question a été illustrée par une attaque survenue en septembre 2026 dans le quartier de Berlin-Mitte. Selon la police berlinoise une femme de 43 ans a été victime d’injures antisémites et agressée en raison de l’étoile de David qu’elle portait. Elle a été blessée et a dû recevoir des soins médicaux. La police judiciaire chargée de la protection de l’État a repris l’enquête.
La femme portait l’étoile de David en signe de solidarité avec les Juifs. Des organisations et initiatives juives ont réagi à l’attaque par l’action « Berlin porte l’étoile de David ». Une attaque isolée est ainsi devenue une question fondamentale : dans quelle mesure la visibilité juive peut-elle encore aller de soi dans cette ville ?

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Aus dem SCHLAGSEITE X-ArchivLes élections berlinoises ravivent le débat sur la vie juive et l’antisémitisme
C’est précisément cette question que pose également l’avocat Michail Kantor dans une tribune publiée le 22 septembre sur Israelnetz. Kantor décrit la manière dont le sentiment d’appartenance à leur ville évolue chez les Berlinois juifs dès que leur identité juive ou leur lien avec Israël devient visible.
Le contexte politique est notamment celui des élections à la Chambre des députés de Berlin du 20 septembre. Die Linke est devenue la première force politique avec 25,7 % des secondes voix. Il va évidemment de soi qu’on ne peut pas en déduire une attitude antisémite de la part de ses électeurs. Le scrutin a toutefois encore renforcé un débat déjà existant sur Israël, l’antisionisme et la manière dont le parti gère les franchissements antisémites de limites.
La tête de liste Elif Eralp s’est publiquement prononcée contre l’antisémitisme. Dès le mois de mai, elle avait présenté un plan en cinq points pour protéger la vie juive. Elle y demande explicitement de protéger la vie juive à Berlin et de la rendre visible.
Parallèlement, certains incidents liés au parti font désormais l’objet d’un débat ouvert. Après la victoire électorale, le président du Conseil central des Juifs, Josef Schuster, a déclaré que Die Linke de Berlin s’était à plusieurs reprises distinguée pendant la campagne par des franchissements de limites antisémites, et a mis en garde contre une coalition dirigée par le parti. Heidi Reichinnek, coprésidente du groupe parlementaire au Bundestag, a rejeté les accusations d’antisémitisme visant son parti et qualifié l’antisémitisme de ligne rouge infranchissable. Le 22 septembre, la Deutschlandfunk a également rendu compte de cette controverse.

L’antisémitisme ne se laisse pas enfermer dans une catégorie simple
Il serait pourtant faux d’attribuer le problème berlinois à une seule orientation politique. Les statistiques policières répartissent les infractions antisémites entre différents domaines de motivation. Sur les 2 268 cas recensés, 1 485 relevaient du domaine de l’« idéologie étrangère ». Cela suffit à montrer que le problème berlinois ne peut pas être réduit sérieusement à un seul milieu politique.
RIAS documente à son tour de nombreux incidents antisémites liés à l’activisme antisioniste. Selon l’évaluation du centre de signalement, plus d’un cinquième des incidents berlinois recensés par RIAS en 2025 comportaient le « sionisme » comme image ennemie antisémite. Cela fait apparaître une différence décisive : critiquer un gouvernement israélien relève du débat politique. Faire de personnes une image ennemie en raison d’un lien réel ou supposé avec Israël est autre chose.
On peut critiquer Benjamin Netanyahou, débattre des opérations militaires israéliennes ou rejeter les décisions du gouvernement. Mais lorsque l’étoile de David, l’hébreu ou la reconnaissance de l’existence d’Israël suffisent à exposer des personnes à des agressions, il ne s’agit plus seulement de politique à Jérusalem.
Le sentiment d’appartenance est plus que la protection policière
L’Allemagne protège les institutions juives pour de bonnes raisons. La présence policière devant les synagogues, les contrôles de sécurité et les mesures de protection architecturales font partie du quotidien de nombreuses institutions depuis des années. Cette protection est nécessaire. Mais sa nécessité dit déjà quelque chose de la réalité de la vie juive.
Le sentiment d’appartenance signifie plus que des bâtiments gardés. Il signifie aussi pouvoir porter une étoile de David, parler hébreu ou montrer son attachement à Israël sans devoir auparavant procéder à une évaluation personnelle des risques.
La question décisive n’est donc pas de savoir quel parti publie l’explication la plus convaincante contre l’antisémitisme. Ce qui compte, c’est de savoir si la vie juive peut réellement être visiblement naturelle à Berlin. Si déjà l’étoile de David, la kippa ou l’hébreu dans le métro deviennent une question de sécurité, cet objectif n’est pas atteint.
ℹ️ Base factuelle et sources primaires de l’article 📑
▶️ Police de Berlin :
Attaque antisémite du 11 septembre 2026
Informations de la police sur l’attaque visant une femme portant visiblement une étoile de David.
▶️ Administration sénatoriale de l’Intérieur et des Sports :
Criminalité à motivation politique en 2025
Chiffres officiels de Berlin sur les infractions à motivation antisémite et leur classification.
▶️ RIAS Berlin :
Incidents antisémites à Berlin en 2025
Documentation de 2 197 incidents antisémites ainsi que de leurs conséquences sur la vie juive et la visibilité juive.
▶️ Arrondissement de Tempelhof-Schöneberg :
Berlin porte l’étoile de David
Informations sur l’action de solidarité organisée après l’attaque antisémite de septembre 2026.
▶️ Die Linke Berlin :
Renforcer et protéger la vie juive à Berlin
Plan en cinq points d’Elif Eralp du 8 mai 2026.
▶️ Deutschlandfunk :
La controverse autour des accusations d’antisémitisme
Mise en contexte de la controverse actuelle sur l’antisémitisme, Israël et Die Linke à Berlin après les élections.
▶️ Israelnetz :
Quand Berlin ne donne plus le sentiment d’être chez soi
Point de départ de l’article : tribune personnelle de Michail Kantor publiée le 22 septembre 2026.
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