L’UNRWA contre de nouvelles écoles : quand l’influence institutionnelle devient plus importante que l’éducation

Israel will in Kafr Aqab einen größeren Schul- und Gemeinschaftscampus errichten. UNRWA wehrt sich gegen die Übernahme des Geländes und beruft sich auf den Schutz seiner Einrichtung. Dabei geraten ausgerechnet palästinensische Kinder zwischen institutionelle Interessen und dringend benötigte Schulplätze.

🕒 Lesezeit: ca. 7 Minuten

L’accusation israélienne est claire : l’UNRWA bloque un projet scolaire à Kafr Aqab. Israël veut construire sur un vaste terrain un nouveau campus éducatif et communautaire destiné à la population arabe, mais l’organisation de l’ONU s’oppose à la reprise du site. Dans ce quartier du nord de Jérusalem, les places dans les écoles manquent. L’UNRWA se bat pour conserver son centre de formation local et invoque la protection particulière des installations de l’ONU. Il ne s’agit donc plus seulement d’éducation, mais aussi d’influence, de contrôle et de la pérennité institutionnelle de l’UNRWA.

Le conflit concerne un terrain d’environ 88 000 mètres carrés, sur lequel l’UNRWA exploite depuis des décennies le Kalandia Training Centre. Selon un briefing médiatique de l’UNRWA du 4 août 2026, environ 270 adolescents et jeunes adultes dans 16 domaines professionnels y sont actuellement formés. Israël veut à l’avenir utiliser le site de manière beaucoup plus large pour des écoles et des équipements municipaux.


Gegenüberstellung eines geplanten Schulcampus und eines abgeschirmten UNRWA-Geländes in Kafr Aqab, symbolische Montage
Comparaison symbolique du campus prévu et du site de l’UNRWA à Kafr Aqab

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L’accusation israélienne : l’UNRWA bloque un projet scolaire malgré le manque de places dans les écoles

Selon des sources israéliennes, un nouveau complexe scolaire et communautaire destiné à la population arabe de Kafr Aqab doit être construit sur le terrain. Une première école doit déjà accueillir des élèves dès la prochaine rentrée scolaire. Plus de 140 garçons des classes de septième à dixième auraient déjà été inscrits, puis l’offre doit être étendue jusqu’à la douzième classe.

À long terme, selon la présentation israélienne, l’ensemble du campus doit bénéficier à environ 22 000 habitants des environs . Dans ce quartier densément construit, le besoin d’écoles proches du domicile et d’infrastructures municipales est considérable depuis des années.

Cette pénurie n’est pas un argument découvert seulement avec le conflit actuel. Dès 2012, le Jerusalem Post rapportait, en citant des représentants de la communauté locale, un déficit grave : dans une zone comptant environ 15 000 élèves arabes, seules deux écoles publiques étaient alors disponibles. En août 2026, des sources israéliennes ont déclaré au New York Post que certains enfants parcouraient deux à trois heures par trajet en raison de l’absence de salles de classe à proximité de leur domicile.

Une contradiction apparaît ainsi, que l’UNRWA peine à expliquer : une organisation qui invoque régulièrement le droit des enfants et des jeunes Palestiniens à l’éducation combat la reprise d’un terrain sur lequel Israël veut créer des places supplémentaires dans les écoles pour cette même population.

Le terrain est utilisé, mais par seulement quelques centaines de personnes

Le Kalandia Training Centre n’est pas un terrain laissé à l’abandon. L’UNRWA y propose toujours une formation professionnelle, un hébergement et d’autres services. Cela fait partie de la vérité complète et ne doit pas être passé sous silence.

Mais cela ne répond pas à la question décisive : Pourquoi environ 88 000 mètres carrés devraient-ils rester durablement réservés presque exclusivement à une organisation de l’ONU, alors que des écoles ordinaires et des équipements municipaux sont urgemment nécessaires juste à côté ?

Israël veut rendre le terrain accessible à un cercle de population beaucoup plus large. L’UNRWA veut conserver son installation actuelle. Il ne s’agit donc pas d’opposer l’éducation à l’éducation, mais de déterminer quel modèle apportera davantage aux habitants de Kafr Aqab à long terme et comment la formation professionnelle existante pourra être préservée.


ℹ️ La différence décisive

L’UNRWA exploite effectivement un centre de formation professionnelle sur le terrain. Israël y prévoit toutefois un complexe éducatif et communautaire beaucoup plus vaste pour la population arabe locale. Décrire le conflit uniquement comme une attaque contre un établissement éducatif revient à omettre cette différence décisive.

La propriété et l’immunité de l’ONU sont deux questions différentes

Le statut juridique du terrain est particulièrement controversé. Israël conteste expressément que le site soit la propriété des Nations unies. Selon la version israélienne, le terrain a été acquis dès 1937, pendant le mandat britannique, par le Jewish National Fund. Après 1948, la Jordanie aurait seulement autorisé l’UNRWA à y exploiter un centre de formation. Aucun transfert de propriété aux Nations unies n’aurait eu lieu.

Le New York Post rapporte avoir consulté l’acte d’achat original datant de 1937.

Dans les prises de position accessibles au public qui ont été examinées pour cet article, l’UNRWA ne présente pas d’extrait du registre foncier ni de preuve comparable de la propriété du terrain. L’organisation s’appuie plutôt sur une autre approche juridique : elle qualifie le Kalandia Training Centre d’ installation de l’ONU et invoque les privilèges et immunités des Nations unies.

Il s’agit d’une différence essentielle. Affirmer qu’une installation bénéficie d’une protection particulière en droit international ne répond pas automatiquement à la question de savoir à qui appartient le terrain. La propriété et l’immunité sont deux questions juridiques distinctes.

Aucune décision judiciaire accessible au public qui trancherait définitivement le titre de propriété de ce terrain précis ne semble exister à ce jour. Il serait donc erroné de présenter déjà la position israélienne sur la propriété comme définitivement établie par une décision ayant force de chose jugée. Il serait tout aussi erroné de déduire automatiquement la propriété de l’ONU de la désignation « installation de l’ONU ».


Geplanter Schulcampus und UNRWA-Gelände in Kafr Aqab mit der Frage „Wem dient das Gelände?“
« À qui sert le terrain ? » est au cœur de la comparaison symbolique entre le campus scolaire et le site de l’UNRWA

L’UNRWA défend son statut

Après plusieurs incursions israéliennes sur le site, l’UNRWA a déclaré que l’inviolabilité d’une installation des Nations unies avait été violée. L’Humanitarian Country Team des Nations unies ainsi que des organisations internationales ont également soutenu cette position.

Le 9 août 2026 , l’UNRWA a réagi explicitement aux informations concernant le projet scolaire et déclaré que de fausses informations étaient diffusées au sujet du Kalandia Training Centre. Une fermeture ou une reprise du site nuirait aux réfugiés palestiniens et aux personnes qui y sont formées.

Il est compréhensible que l’UNRWA veuille protéger ses élèves et stagiaires actuels. Cela ne lui confère toutefois pas automatiquement le droit de contrôler durablement le terrain sous sa forme actuelle. Israël doit répondre concrètement à la question de savoir si et comment la formation professionnelle existante peut être maintenue, déplacée ou intégrée à de nouvelles structures.

Inversement, il ne suffit pas que l’UNRWA exige simplement le maintien de la situation actuelle. Dans les prises de position publiques examinées pour cet article, l’organisation ne propose aucune alternative concrète pour créer les places dans les écoles qui font défaut à Kafr Aqab. La protection institutionnelle du statu quo n’est pas un argument éducatif. Quiconque affirme agir dans l’intérêt des élèves doit également expliquer comment seront pris en compte les intérêts du nombre bien plus élevé d’enfants qui ne disposent aujourd’hui d’aucun espace scolaire suffisant à proximité de leur domicile.

Le conflit dépasse largement le cadre d’une seule école

Le conflit s’inscrit dans l’affrontement fondamental entre Israël et l’UNRWA. En octobre 2024, la Knesset a adopté deux lois : l’une interdit les activités de l’UNRWA dans les territoires sous souveraineté israélienne, l’autre interdit tout contact officiel des autorités israéliennes avec l’organisation.

Cette décision faisait suite à de graves accusations visant certains employés de l’UNRWA en lien avec le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. Une enquête du Office of Internal Oversight Services de l’ONU a conclu en 2024 que, pour neuf employés, les informations disponibles indiquaient une possible participation aux attaques. L’UNRWA a ensuite mis fin à leur emploi.

Israël formule en outre des accusations beaucoup plus larges contre l’organisation et reproche au Hamas ainsi qu’au Jihad islamique palestinien une pénétration importante des structures de l’UNRWA à Gaza par leurs membres. L’UNRWA rejette l’accusation selon laquelle elle collaborerait en tant qu’institution avec des organisations terroristes.

J’ai présenté plus en détail le contexte de cette confrontation dans l’article « Interdiction de l’UNRWA en Israël : pourquoi Israël limite l’UNRWA et les ONG » .

Les enfants palestiniens deviennent un gage politique

Au bout du compte, une question simple demeure : qu’est-ce qui sert le mieux les habitants de Kafr Aqab ? Le maintien durable d’une installation de l’UNRWA pour quelques centaines de stagiaires, ou un campus éducatif et communautaire plus vaste pour des milliers d’habitants ?

L’UNRWA peut se battre pour préserver les places de formation existantes. Mais si l’organisation s’oppose à la reprise du terrain destinée à un projet éducatif beaucoup plus vaste, la référence à son propre statut institutionnel ne suffit pas. Elle doit alors expliquer quelle alternative concrète elle propose pour les places scolaires manquantes de la population de Kafr Aqab.


L’UNRWA peut invoquer la protection de son installation et de ses élèves actuels. Cela ne lui donne toutefois pas le droit de conserver durablement et sans changement chacune des structures existantes. Quiconque veut empêcher un projet éducatif plus vaste destiné à la population locale doit expliquer comment les places scolaires manquantes seront créées autrement.

Israël n’a pas à se justifier pour construire de nouvelles écoles

Lors des conflits avec l’UNRWA, l’action d’Israël est rapidement présentée à l’international comme une attaque contre l’aide humanitaire ou l’éducation palestinienne. Le fait qu’Israël veuille précisément construire de nouvelles écoles pour des enfants arabes sur ce même terrain s’accorde mal avec cette présentation.

Le critère ne devrait donc pas être de savoir si l’UNRWA conserve son influence actuelle. La question décisive doit être de savoir quelle solution permettra à long terme d’offrir davantage d’éducation, de meilleures infrastructures et de plus grandes chances à la population de Kafr Aqab.

Lorsqu’une organisation de l’ONU s’oppose à la reprise d’un terrain destiné à un campus scolaire plus vaste tout en exigeant de conserver son site actuel, il faut dire clairement qui se retrouve pris entre les fronts politiques : les enfants palestiniens eux-mêmes.


L’UNRWA peut invoquer l’immunité et la protection de son installation. Mais l’immunité ne constitue pas une preuve de propriété, et la protection institutionnelle du statu quo n’est pas une solution au manque de places dans les écoles. Quiconque combat le projet de campus israélien doit présenter une alternative solide qui garantisse à la fois des écoles supplémentaires et la formation professionnelle existante.
ℹ️ Base factuelle et sources primaires de l’article 📑

▶️ L’UNRWA :
Déclaration de l’UNRWA sur le Kalandia Training Centre, 9 août 2026
Déclaration actuelle de l’UNRWA concernant les informations sur le Kalandia Training Centre et une éventuelle fermeture ou reprise du site.

▶️ United Nations OCHA :
L’ONU et les ONG dénoncent conjointement les incursions israéliennes répétées dans le Kalandia Training Centre, 28 juillet 2026
Déclaration commune de l’Humanitarian Country Team sur la position juridique des Nations unies et les incursions israéliennes sur le site.

▶️ Knesset :
Interdiction des activités de l’UNRWA sur le territoire souverain de l’État d’Israël, 29 octobre 2024
Documentation officielle de la procédure législative israélienne visant à restreindre les activités de l’UNRWA.

▶️ Nations unies, Office of Internal Oversight Services :
Enquête sur les allégations concernant des employés de l’UNRWA, 5 août 2024
Documentation de l’ONU sur l’enquête concernant des employés accusés d’avoir participé aux attaques du 7 octobre 2023.

▶️ Cour internationale de Justice :
Obligations of Israel in relation to the Presence and Activities of the United Nations, avis consultatif du 22 octobre 2025
Page officielle de la procédure concernant l’avis consultatif sur les obligations d’Israël envers les Nations unies et d’autres organisations internationales.

▶️ Briefing de presse de l’UNRWA via WAFA :
L’UNRWA met en garde contre la saisie et la fermeture du Qalandia Training College, 4 août 2026
Rapport sur le briefing de presse de l’UNRWA contenant des informations actuelles sur la superficie, le nombre de participants, leur âge et les formations professionnelles du Kalandia Training Centre.

▶️ Jerusalem Post :
Grave pénurie d’écoles pour les élèves de Kafr Aqab, 4 décembre 2012
Article historique sur le manque considérable d’écoles publiques déjà dénoncé à l’époque par des représentants de la communauté locale à Kafr Aqab.

▶️ New York Post :
L’ONU tente de bloquer la construction d’une école indispensable pour les enfants palestiniens, affirment des responsables israéliens, 7 août 2026
Article sur le projet d’école prévu, les informations fournies par des responsables israéliens, les élèves inscrits, les longs trajets scolaires, l’utilisation prévue ainsi que l’histoire controversée de la propriété du terrain.

▶️ Forces de défense israéliennes :
Plus de 100 employés de l’UNRWA liés au Hamas
Présentation actuelle des accusations israéliennes concernant les liens entre des employés de l’UNRWA et le Hamas. L’article présente explicitement ces informations comme des accusations israéliennes.

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Kind vor UNRWA-Gelände und geplantem Schulcampus in Kafr Aqab, symbolische redaktionelle Montage

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