AfD en Saxe-Anhalt : quatre jours avant l’élection régionale, le parti atteint 42 %. La CDU est créditée de 22 % dans le dernier grand sondage. Cela signifie que, le 6 septembre 2026, il ne s’agit plus seulement d’un important vote de protestation, mais de la possibilité réelle que l’AfD puisse pour la première fois diriger un gouvernement régional. Pour la vie juive, une question se pose, plus complexe que le schéma allemand habituel gauche-droite : dans quelle mesure un parti peut-il être considéré comme un allié crédible d’Israël si, parallèlement, des pans de sa politique historique et mémorielle sont vivement critiqués par des organisations juives ?
C’est précisément cette contradiction qui fait de la Saxe-Anhalt un cas test politique. Car un gouvernement régional ne décide pas de tout. Mais c’est justement dans l’éducation, la culture, l’éducation civique et certains aspects de la politique mémorielle qu’il dispose d’une influence considérable. Et c’est là que se trouvent certains des projets les plus controversés de l’AfD.
À cette situation de départ s’ajoute un autre fait : Depuis 2023, l’Office de protection de la Constitution de Saxe-Anhalt classe la fédération régionale de l’AfD parmi les mouvements d’extrême droite avérés. L’autorité justifie notamment cette classification par des attaques contre la dignité humaine et le principe démocratique. L’AfD rejette cette classification, qu’elle juge politiquement motivée. Cette contestation ne modifie pour l’instant en rien la classification administrative existante.

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Aus dem SCHLAGSEITE X-ArchivLa Saxe-Anhalt pourrait devenir un cas test politique
Les chiffres sont éloquents. Dans le dernier Sachsen-Anhalt-Trend d’Infratest dimap l’AfD atteint 42 %, la CDU 22 %. Die Linke est à 11 %, le SPD à 8 % et les Verts à 6 %. Selon ce sondage, le BSW et le FDP échoueraient à franchir le seuil des 5 %.
Le rapport de forces n’apparaît pas seulement dans les chiffres d’un seul institut. Le Politbaromètre de la ZDF réalisé par le Forschungsgruppe Wahlen donnait fin août l’AfD à 40 % et la CDU à 23 %. Les valeurs individuelles diffèrent, mais pas la configuration politique fondamentale : l’AfD est largement en tête dans plusieurs enquêtes.
Un sondage ne constitue toutefois pas un résultat électoral. Et devenir le premier parti ne signifie pas automatiquement former le gouvernement. Selon les projections actuelles, une majorité absolue de l’AfD est plutôt improbable. Sans majorité propre, elle dépendrait d’un partenaire de coalition, d’une tolérance ou d’un autre soutien parlementaire. Si le « cordon sanitaire » des autres partis reste en place, même un vainqueur des élections peut se retrouver dans l’opposition.
Le nombre de partis qui entreront effectivement au Parlement régional joue ici un rôle important. Si plusieurs petits partis échouent à franchir le seuil des 5 %, moins de 50 % des suffrages exprimés suffisent pour obtenir la majorité absolue des sièges. À l’inverse, l’absence de partenaire limite considérablement la marge de manœuvre politique.
Il ne s’agit donc pas d’un gouvernement AfD seul déjà acquis. Il s’agit du fait que la possibilité d’un gouvernement dirigé par l’AfD est, quelques jours avant l’élection, devenue suffisamment réaliste pour que ses projets concrets soient pris au sérieux.
Siegmund est le visage du parti, Tillschneider imprime sa marque à la politique éducative
Ulrich Siegmund est la tête de liste et le visage public de la campagne. Avec lui, c’est la perspective d’un possible ministre-président AfD qui est soumise au vote.
Pour la question de l’éducation, de la culture et de la politique mémorielle, un autre nom est toutefois au moins aussi important : Hans-Thomas Tillschneider. Le spécialiste de l’islam est le porte-parole de la politique éducative du groupe parlementaire de l’AfD et compte parmi les figures influentes sur le plan programmatique au sein de la fédération régionale. Plusieurs médias le présentent comme un possible ministre de l’Éducation ou de la Culture en cas de prise de pouvoir. Aucune nomination officielle au gouvernement n’a toutefois encore été annoncée.
Tillschneider a résumé à Deutschlandfunk la réorientation de l’enseignement de l’histoire qu’il souhaite par la formule suivante : « Plus de Bismarck, moins de Hitler. »
Ce n’est pas seulement une phrase lancée spontanément. Le programme gouvernemental de l’AfD de Saxe-Anhalt contient un chapitre consacré à la révision des programmes d’histoire. Sous le titre « Plus de 1813 et de 1871 », l’histoire allemande du XIXe siècle doit être davantage mise en avant.
Le parti ne dit pas pour autant vouloir supprimer la période du national-socialisme des cours. Tillschneider souligne expressément que cette époque fait partie de l’histoire allemande. Selon lui, elle ne devrait toutefois pas occulter les autres périodes.
On peut en débattre. L’enseignement de l’histoire porte effectivement sur plus que douze années de l’histoire allemande. Le point décisif n’est donc pas qu’il faudrait à l’avenir parler davantage de Bismarck. Ce qui compte, c’est le projet politique d’ensemble dans lequel cette revendication s’inscrit.
Quand la mémoire devient un « complexe de culpabilité »
Dans le programme gouvernemental de l’AfD de Saxe-Anhalt, la manière dont l’Allemagne assume son passé est associée à un « complexe de culpabilité » persistant. Selon le parti, cette évolution aurait contribué à rendre suspecte la fierté nationale et à éviter les références positives à l’histoire allemande antérieure à 1933.
L’AfD souhaite lui opposer une politique culturelle davantage marquée par le patriotisme.
L’orientation apparaît particulièrement clairement dans le cas de l’Agence régionale pour l’éducation civique. L’AfD ne veut pas seulement la réorganiser sur le plan administratif. L’institution doit être supprimée sous sa forme actuelle et remplacée par un « Institut régional pour l’éducation politique de l’État et l’identité culturelle ». Cette revendication figure à la fois dans le programme gouvernemental et dans une motion antérieure du groupe parlementaire régional de l’AfD.
L’Agence régionale soutient actuellement notamment des projets d’éducation civique et des déplacements d’élèves dans des lieux de mémoire du national-socialisme. Sa suppression ne mettrait pas automatiquement fin à ces déplacements. Elle modifierait toutefois la base institutionnelle, la logique de financement et l’orientation politique de l’action éducative de l’État.
Et le programme gouvernemental ne reste absolument pas abstrait sur ce point.
- Dans les écoles publiques, le drapeau fédéral doit être hissé chaque jour d’école. Le chant collectif de l’hymne national doit devenir un élément fixe des cérémonies scolaires.
- Selon l’AfD, le lycée ne devrait être fréquenté que par 25 % au maximum d’une classe d’âge.
- L’obligation scolaire générale doit de facto être complétée ou remplacée par une obligation de formation. Les parents doivent pouvoir choisir entre l’enseignement scolaire et l’enseignement à domicile, les enfants instruits à la maison devant être régulièrement évalués.
- Le réseau « École sans racisme » est explicitement critiqué dans le programme comme faisant partie des structures qui, selon l’AfD, seraient soutenues par l’Agence régionale et orientées politiquement à gauche.
- Les associations bénéficiant d’un soutien institutionnel ou lié à des projets devront à l’avenir s’engager en faveur de l’ordre démocratique et d’une « attitude fondamentale patriotique ».
- Les programmes scolaires doivent transmettre davantage de connaissances sur le terroir, d’histoire nationale allemande et d’identité nationale.
On peut approuver certaines de ces propositions, en rejeter d’autres et discuter sérieusement de certaines encore. Mais prises ensemble, elles montrent que : Il ne s’agit pas d’une petite réforme administrative. L’AfD décrit une autre conception de l’identité culturelle et historique que les institutions de l’État doivent transmettre.

Ce que disent les communautés juives elles-mêmes
Jusqu’ici, le débat pourrait être considéré comme une querelle entre partis, universitaires et observateurs politiques. Ce serait toutefois incomplet. En Saxe-Anhalt vivent les personnes dont la sécurité et l’avenir sont discutés ici.
La fédération des communautés juives de Saxe-Anhalt a présenté ses propres critères d’évaluation des programmes des partis en vue de l’élection régionale. Elle interroge notamment les partis sur la lutte contre l’antisémitisme, la liberté religieuse, la sécurité et l’avenir de la vie juive dans le Land.
La présidente de la fédération régionale, Inessa Myslitska, respecte, selon ses propres mots, toute décision démocratique issue des urnes. Elle affirme toutefois clairement qu’un gouvernement dirigé par l’AfD susciterait chez elle une inquiétude considérable concernant la culture démocratique, la culture mémorielle, la protection des minorités et la société ouverte.
Un détail de sa critique est également remarquable : Selon la Deutsche Welle, le judaïsme et la vie juive ne sont pas mentionnés dans le programme gouvernemental de l’AfD de Saxe-Anhalt. Le christianisme et l’islam, en revanche, sont traités en détail dans plusieurs points distincts du programme.
Rimma Fil, directrice de la fédération régionale, formule également son inquiétude de manière très personnelle. La possibilité que l’AfD devienne la première force politique serait pour elle une « raison de passer des nuits blanches ». Elle met toutefois en garde contre le fait d’assimiler déjà une victoire électorale à une capacité réelle à gouverner. Sans structures, expertise et compétences administratives, de nombreuses revendications politiques resteraient d’abord des slogans.
Le président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, Josef Schuster, va encore plus loin. Peu avant l’élection, il a qualifié Siegmund et Tillschneider d’ « adversaires de la société ouverte » et a explicitement mis en garde contre le fait de confier des responsabilités politiques à l’AfD.
On peut partager ces appréciations politiques ou les contester. Mais quiconque écrit sur les conséquences possibles pour la vie juive ne devrait pas seulement faire des communautés juives l’objet du débat. Leurs voix doivent y être pleinement intégrées.
La vie juive ne dépend pas seulement des lieux de mémoire
La portée pratique d’un gouvernement régional va en outre au-delà de l’enseignement de l’histoire.
En avril 2026, le Parlement régional a adopté un traité révisé avec la communauté juive. Il règle pour dix ans des questions centrales de la coopération entre le Land et les communautés juives, notamment la culture, la préservation du patrimoine juif, l’éducation et les rencontres.
Il existe par ailleurs des accords concernant le financement des mesures de sécurité dans les synagogues et les institutions juives. Les coûts de gardiennage, la sécurisation des bâtiments et les équipements techniques, ainsi que la sécurité de planification à long terme, ne sont donc pas des débats abstraits, mais des missions très concrètes de l’État.
À cela s’ajoute le programme régional pour la vie juive en Saxe-Anhalt et contre l’antisémitisme. Il regroupe des projets de différents ministères, favorise la visibilité de la vie juive et dispose de son propre interlocuteur à la chancellerie régionale. En juin 2026 encore, le gouvernement régional a présenté le troisième rapport de mise en œuvre.
Un nouveau gouvernement régional ne pourrait pas simplement faire disparaître les traités existants par une conférence de presse. Les lois et les obligations contractuelles restent en vigueur après un changement de gouvernement. Il pourrait toutefois choisir le personnel, fixer les priorités politiques, élaborer les budgets, modifier les programmes de financement et décider quels projets seraient développés ou réduits dans le cadre juridique possible.
C’est précisément là que la politique mémorielle devient une pratique gouvernementale.
Le drapeau israélien et la politique mémorielle sont deux choses différentes
L’AfD de Saxe-Anhalt rejette l’accusation d’antisémitisme. Parallèlement, le parti se présente depuis des années de manière ostensible comme un soutien d’Israël.
Ce point ne doit pas être passé sous silence simplement parce qu’il s’intègre mal dans une case politique commode.
Au sein de l’AfD, certains responsables politiques nomment clairement l’antisémitisme islamiste, défendent le droit d’Israël à l’autodéfense et, notamment depuis le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, se montrent parfois nettement plus favorables à Israël que les représentants d’autres partis allemands.
Il est également impossible de nier sérieusement que l’antisémitisme islamiste, de gauche et lié à Israël constitue un problème réel en Allemagne.
Le bureau de signalement RIAS Saxe-Anhalt a recensé pour l’année 2025 un total de 270 incidents antisémites. Sur les 166 cas auxquels un contexte politique et idéologique a pu être attribué, 81 relevaient de l’extrême droite, 39 du courant de gauche anti-impérialiste et 30 d’un activisme anti-israélien transcendant les différents courants politiques.
Quiconque prend l’antisémitisme au sérieux ne peut donc choisir, ni à droite ni à gauche, la moitié politiquement agréable de la réalité.
Les Juifs ne seront pas davantage en sécurité si l’antisémitisme islamiste ou de gauche est relativisé. Mais ils ne seront pas non plus davantage en sécurité si un drapeau israélien est automatiquement traité comme un certificat d’innocuité pour les déclarations de son propre camp politique.
ℹ️ Les chiffres révèlent un problème plus large
RIAS Saxe-Anhalt a pu attribuer politiquement 166 des 270 incidents antisémites recensés en 2025. 81 ont été classés comme relevant de l’extrême droite, 39 de la gauche ou de l’anti-impérialisme et 30 d’un activisme anti-israélien transcendant les différents courants. L’antisémitisme en Saxe-Anhalt ne peut donc pas être réduit à un seul milieu politique.
L’AJC voit une contradiction fondamentale
Fin août, l’American Jewish Committee a publié une analyse du politologue Lars Rensmann sur l’antisémitisme au sein de l’AfD.
La thèse centrale de Rensmann n’est pas que le parti diffuse constamment une haine ouverte des Juifs au niveau officiel. Il soutient plutôt que des schémas de pensée antisémites s’expriment, au sein d’une vision du monde plus large, par des codes politiques, des récits conspirationnistes, un révisionnisme historique et certains ennemis désignés.
Il cite comme exemples des termes et des représentations liés à de prétendues « élites mondialistes », à des puissances financières cachées ainsi qu’à des récits conspirationnistes sur un remplacement orchestré de la population.
Il s’agit d’une évaluation scientifique ou politique du rapport de l’AJC, et non d’une constatation judiciaire concernant chaque membre ou électeur de l’AfD. Cette distinction est importante.
Il est toutefois remarquable que la contradiction entre la solidarité affichée envers Israël et d’autres courants au sein du parti ne soit pas étudiée uniquement par l’AJC.
Dès 2025, Andreas Jacobs et Felix Bäuml de la Fondation Konrad-Adenauer se sont penchés en détail sur la politique de l’AfD à l’égard d’Israël. Leur analyse décrit cette solidarité, dans une large mesure, comme instrumentale. Selon les auteurs, elle servirait notamment à légitimer l’hostilité envers les musulmans, à attaquer les adversaires politiques et à détourner l’attention des courants extrémistes ou antisémites au sein de leur propre parti.
Cette affirmation est elle aussi une analyse et non un jugement de tribunal. Elle désigne toutefois un mécanisme concret : Israël peut être présenté politiquement comme une image positive opposée à l’islam, tandis que des récits conspirationnistes sur les « mondialistes », les élites ou le remplacement de la population continuent de circuler.
La question décisive se pose alors avec davantage d’acuité : le soutien à l’État d’Israël suffit-il réellement à en déduire automatiquement une attitude crédible à l’égard des Juifs, de l’antisémitisme et de la culture mémorielle allemande ?

Israël n’est pas un argument contre le passé allemand
On peut combattre l’antisémitisme islamiste et rejeter les idéologies conspirationnistes antisémites de droite.
On peut critiquer l’hostilité effrayante à Israël présente dans certaines parties de la gauche politique et continuer d’exiger que la mémoire des crimes nazis ne soit pas traitée comme un obstacle gênant à l’émergence d’un nouveau sentiment national allemand.
On peut soutenir Israël sans faire de l’État juif un label de respectabilité en politique intérieure.
Israël n’existe pas pour que les partis allemands puissent utiliser son drapeau afin de certifier leur propre innocuité idéologique.
L’État juif n’est pas une machine politique à blanchir.
Cela vaut dans toutes les directions politiques. Quiconque relativise la terreur du Hamas sous un drapeau palestinien ou rend les Juifs israéliens collectivement responsables de la politique de leur gouvernement ne devient pas antifasciste pour la seule raison qu’il se qualifie ainsi.
Inversement, une pensée problématique à droite ne disparaît pas parce que quelqu’un se tient ostensiblement à côté d’un drapeau israélien.
Le critère est le même. L’antisémitisme reste l’antisémitisme, quel que soit le milieu politique ou religieux dont il provient.
Cela ne devrait pourtant pas être une constatation compliquée. En Allemagne, il faut apparemment désormais régulièrement des études, des débats publics et environ trois camps politiques pour s’expliquer mutuellement pourquoi seul le camp d’en face constitue un problème.
La vie juive est depuis longtemps sous pression
La discussion ne se déroule en outre pas dans le vide.
La Saxe-Anhalt connaît la réalité meurtrière de l’extrême droite. Le 9 octobre 2019, à Yom Kippour, un terroriste d’extrême droite a tenté de pénétrer dans la synagogue de Halle. Après avoir échoué, il a assassiné deux personnes à l’extérieur de la synagogue.
Parallèlement, l’antisémitisme lié à Israël a fortement augmenté, en particulier depuis le 7 octobre 2023. RIAS Saxe-Anhalt a recensé au total 122 incidents d’antisémitisme lié à Israël en 2025. L’année précédente, ils étaient 68.
La vie juive est donc sous pression de différentes directions.
C’est précisément pourquoi la question de savoir quel camp politique possède le plus grand droit moral à déceler l’antisémitisme chez son adversaire ne fait pas avancer le débat.
L’antisémitisme ne devient pas inoffensif parce qu’il vient de la gauche. Il ne devient pas anodin lorsqu’il est justifié par l’islamisme. Et les représentations historiques ou conspirationnistes problématiques ne disparaissent pas parce que leurs représentants soutiennent parallèlement Israël.
Ce qu’un gouvernement régional peut réellement changer en matière de mémoire
Même un très bon résultat électoral ne conférerait pas un pouvoir illimité à l’AfD.
La Saxe-Anhalt reste liée par la Loi fondamentale, le droit fédéral, la Constitution du Land, les traités d’État existants et le contrôle judiciaire. Un gouvernement régional ne peut pas simplement suspendre les droits fondamentaux ou ignorer le droit fédéral en vigueur.
Cela ne signifie toutefois pas qu’un changement de gouvernement serait sans conséquences.
Les gouvernements déterminent les budgets. Ils nomment les personnes aux postes de direction. Ils dirigent les ministères. Ils modifient les règlements administratifs et fixent les priorités politiques.
Dans le domaine de l’éducation, les programmes et les priorités peuvent être modifiés. Dans le domaine culturel, les critères de subvention peuvent être redéfinis. En matière d’éducation politique, la structure institutionnelle peut être réorganisée. Pour ce qui est de la vie juive, le gouvernement régional participe à déterminer la manière dont les programmes existants sont mis en œuvre, les interlocuteurs dotés de moyens et les projets supplémentaires financés.
La politique mémorielle ne naît justement pas seulement de grandes lois. Elle se construit par l’enseignement, les décisions de financement, le personnel, les institutions et la question de savoir quelle histoire un État raconte sur lui-même.
Un gouvernement régional dirigé par l’AfD de Saxe-Anhalt constituerait donc bel et bien un test politique grandeur nature.
Non pas pour déterminer si l’Allemagne serait soudain, au matin suivant l’élection, un pays totalement différent. Mais pour voir jusqu’où une réorientation culturelle et éducative annoncée dans le programme pourrait effectivement être mise en œuvre dans les limites de l’État de droit d’un Land.
La solidarité avec Israël est importante. Mais une lutte crédible contre l’antisémitisme commence là où on le nomme aussi lorsqu’il vient de son propre camp politique.
Le critère vaut pour tous
La solidarité avec Israël est particulièrement importante à une époque où l’État juif est diabolisé dans certaines parties de l’Europe et où son droit à l’existence est de nouveau remis en question ouvertement ou de manière voilée. Que des responsables politiques nomment clairement l’antisémitisme islamiste et prennent au sérieux les intérêts sécuritaires d’Israël n’est donc pas un détail insignifiant.
Mais la solidarité avec Israël ne peut être crédible que si elle n’est pas sélective.
Quiconque veut se tenir de manière crédible aux côtés d’Israël et de la vie juive doit combattre l’antisémitisme partout : chez l’islamiste, chez celui qui hait Israël à gauche, chez le conspirationniste d’extrême droite et dans son propre environnement politique.
Et il doit accepter que la mémoire de la Shoah ne soit pas un projet de rééducation dirigé contre les Allemands d’aujourd’hui.
Les Allemands vivant aujourd’hui ne portent pas de culpabilité personnelle pour les crimes de leurs ancêtres. L’Allemagne porte néanmoins une responsabilité historique pour ce qui s’est produit en son nom.
Savoir distinguer l’un de l’autre n’est pas un « complexe de culpabilité ».
Cela s’appelle la maturité historique.
ℹ️ Base factuelle et sources primaires de l’article 📑
▶️ AfD Saxe-Anhalt :
Programme de gouvernement de l’AfD de Saxe-Anhalt 2026
Source primaire concernant les projets du parti en matière d’éducation, de culture, de subventions, d’histoire et de politique sociétale.
▶️ Office de protection de la Constitution de Saxe-Anhalt :
Classification de la fédération régionale de l’AfD de Saxe-Anhalt
Information officielle sur sa classification comme mouvement d’extrême droite avéré.
▶️ Tendance MDR Saxe-Anhalt :
Sondage actuel avant l’élection régionale
Enquête Infratest-dimap donnant 42 % à l’AfD et 22 % à la CDU.
▶️ ZDF / Groupe de recherche électorale :
Politbarometer Extra Saxe-Anhalt du 28 août 2026
Projection donnant 40 % à l’AfD et 23 % à la CDU.
▶️ Deutschlandfunk Kultur :
L’AfD et sa « politique culturelle patriotique »
Mise en perspective des projets culturels et éducatifs, notamment concernant le centre régional, les drapeaux, l’hymne national et la politique scolaire.
▶️ Fédération régionale des communautés juives / Deutsche Welle :
Les communautés juives très inquiètes face à l’AfD
Déclarations de la présidente de la fédération régionale, Inessa Myslitska, sur la culture mémorielle, la protection des minorités, la liberté religieuse et la vie juive.
▶️ Jüdische Allgemeine :
Entretien avec Rimma Fil
Mise en perspective de l’ambiance au sein de la communauté juive avant l’élection régionale.
▶️ Conseil central des Juifs :
Josef Schuster met en garde contre le transfert de responsabilités politiques à l’AfD
Déclarations du président du Conseil central concernant Siegmund, Tillschneider et la culture mémorielle.
▶️ Land de Saxe-Anhalt :
Traité d’État amendé avec la communauté juive
Dispositions relatives aux subventions, à la culture, au patrimoine juif, à l’éducation et aux rencontres.
▶️ Chancellerie d’État de Saxe-Anhalt :
Programme régional pour la vie juive en Saxe-Anhalt et contre l’antisémitisme
Informations sur le programme régional, le financement des projets et l’état actuel de sa mise en œuvre.
▶️ RIAS Saxe-Anhalt :
Rapport annuel sur les incidents antisémites en 2025
Documentation de 270 incidents antisémites et de leur attribution politique et idéologique.
▶️ Fondation Konrad-Adenauer :
Aucune alternative : l’AfD et Israël
Analyse d’Andreas Jacobs et de Felix Bäuml sur les fonctions et les contradictions du positionnement pro-israélien de l’AfD.
▶️ Jerusalem Post / Jewish Telegraphic Agency :
Article de référence sur l’élection régionale et la vie juive en Saxe-Anhalt
Point de départ de la recherche sur les conséquences possibles d’un gouvernement régional dirigé par l’AfD.
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