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Dimanche soir, le 20 septembre 2026, Yom Kippour commence. Pendant environ 25 heures, Israël change visiblement. Les rues se vident, le trafic aérien s’arrête, les commerces restent fermés et des millions de personnes jeûnent. Mais le jour le plus saint de l’année juive parle de bien plus que de privation. Au cœur de cette journée se trouve une question plus inconfortable : que doit changer une personne lorsqu’un simple « je suis désolé » ne suffit pas ?
Dans l’année juive 5787, Yom Kippour tombe le 10 Tichri. Le Jour du Grand Pardon commence au coucher du soleil dimanche et s’achève lundi soir, le 21 septembre. Les dix jours du repentir, qui ont commencé avec Roch Hachana, atteignent ainsi leur point culminant. Selon la tradition juive, le jugement pour l’année à venir est inscrit à Roch Hachana et scellé à Yom Kippour. De là vient également le vœu traditionnel « G’mar Chatima Tova », qui souhaite en substance un bon scellement définitif. La plateforme du calendrier juif Hebcal confirme pour 2026 la période allant du soir du 20 au soir du 21 septembre.
La profondeur de l’ancrage de ce jour en Israël se manifeste non seulement dans les synagogues. L’Autorité aéroportuaire israélienne réduit progressivement ses activités. Au terminal 3 de l’aéroport Ben Gourion, le dernier départ international et le dernier atterrissage international sont tous deux prévus dimanche à 13 h 55. Lundi soir, le premier appareil international doit atterrir à 22 h 30, tandis que le premier départ international est prévu à 23 h 30. Les aéroports de Ramon et de Haïfa ainsi que plusieurs postes-frontières terrestres ferment également temporairement. Pour Yom Kippour, un État moderne s’arrête véritablement.

Yom Kippour : la techouva signifie plus que le remords
Le terme clé de Yom Kippour est la techouva. Ce mot hébreu est souvent traduit par repentir ou pénitence, mais il signifie littéralement « retour ». Il ne s’agit pas de se sentir coupable pendant une journée avant de reprendre ensuite exactement comme avant. La techouva exige de reconnaître une mauvaise voie et de l’abandonner.
La conception juive du retour se distingue ainsi nettement de l’idée commode d’un nouveau départ religieux annuel. Yom Kippour n’est pas un sauf-conduit pour l’année écoulée, et encore moins une absolution réservée à l’avance pour l’année à venir.
La Michna, dans le traité Yoma 8,9 le formule particulièrement clairement. Elle distingue les fautes commises envers D.ieu de celles commises envers d’autres personnes. Pour les fautes envers D.ieu, Yom Kippour peut apporter l’expiation. Mais lorsqu’une personne a fait du tort à une autre, le Jour du Grand Pardon ne suffit pas. Il faut d’abord rechercher la confrontation avec la personne lésée.
ℹ️ Ce qu’exige la techouva
Dans le judaïsme, le retour signifie davantage que le remords. Le comportement fautif doit être reconnu, abandonné et, dans la mesure du possible, corrigé. Celui qui a fait du tort à une autre personne ne peut pas remplacer cette responsabilité par le seul jeûne ou la seule prière.
Yom Kippour exige responsabilité et réparation
C’est précisément cette idée qui rend Yom Kippour remarquablement concret. Celui qui a trompé, humilié, blessé ou lésé une personne ne peut pas régler l’affaire simplement entre lui et D.ieu. Le tort a été commis entre des êtres humains et doit aussi être traité à cet endroit.
Le jeûne ne remplace pas la réparation. Une prière ne remplace pas les excuses nécessaires. Et une journée du calendrier sacré ne décharge pas automatiquement une personne de la responsabilité de son comportement.
La Michna va même plus loin. Elle rejette explicitement l’idée qu’une personne puisse pécher délibérément tout en comptant déjà sur le fait que Yom Kippour réglera l’affaire plus tard. Le Jour du Grand Pardon ne se tourne donc pas seulement vers le passé. Il exige un changement pour l’avenir.

Les racines se trouvent dans la Torah
Le fondement biblique du Jour du Grand Pardon se trouve principalement dans Lévitique 16. Le dixième jour du septième mois y est décrit comme une journée particulière d’expiation et de purification. Un service du Temple exceptionnel y est également établi, dont les tâches centrales incombaient au Cohen Gadol, le grand prêtre.
Parmi les éléments les plus connus figuraient deux boucs. On tirait au sort entre eux. L’un était destiné à D.ieu, l’autre « à Azazel ». Le grand prêtre plaçait symboliquement sur le second les fautes du peuple d’Israël, avant de l’envoyer dans le désert. La signification exacte d’Azazel a été interprétée de différentes manières dans la tradition juive.
Israelnetz revient en détail sur ce service du Temple et décrit différentes interprétations traditionnelles d’Azazel. Pour comprendre la signification du Yom Kippour actuel, il est toutefois essentiel de rappeler que le service du Temple ne peut plus être pratiqué depuis la destruction du Second Temple par les Romains en l’an 70.
La prière, le vidouï, la confession des péchés, le jeûne et la techouva ont ainsi pris une place encore plus centrale. Le souvenir du service du Temple est resté un élément de la liturgie, mais la responsabilité individuelle n’a de toute façon jamais pu être réduite à un rite du Temple.
Le jeûne est un moyen, pas un objectif
En dehors du judaïsme, Yom Kippour est souvent réduit à sa caractéristique la plus connue : le jeûne. Selon la pratique juive traditionnelle, cinq formes d’abstention corporelle s’appliquent pendant le Jour du Grand Pardon. Elles comprennent la nourriture et la boisson, le lavage et l’onction du corps, le port de chaussures en cuir ainsi que l’intimité conjugale. Le guide de Yom Kippour de Chabad propose notamment un aperçu actuel pour 2026.
Le but n’est pas de souffrir de la manière la plus spectaculaire possible. Le quotidien physique s’efface pendant une période limitée. La prière, l’examen de soi et le retour doivent passer au premier plan.
C’est aussi pourquoi l’obligation de jeûner n’est pas conçue comme une épreuve religieuse d’endurance. Si le jeûne peut représenter un danger sérieux pour la santé, des règles halakhiques particulières s’appliquent. Dans une telle situation, l’obligation de jeûner peut céder. Chabad souligne expressément, dans son explication halakhique sur le fait de manger pour des raisons médicales qu’il ne faut pas refuser la nourriture ou la boisson nécessaires contre l’avis d’un médecin.
Le service commence la veille au soir par Kol Nidré. De longues prières et des confessions répétées des péchés suivent au cours de la journée. La conclusion est formée par Neïla, la liturgie de clôture. Le nom signifie « fermeture » et est traditionnellement associé à la fermeture des portes. À la fin, le chofar retentit.
Yom Kippour rassemble les Israéliens religieux et laïques
Considérer Yom Kippour comme une simple fête des juifs orthodoxes, c’est méconnaître son importance sociale en Israël. Une étude de l’Israel Democracy Institute publiée le 15 septembre 2026 montre à quel point ce jour est également ancré en dehors des milieux strictement religieux.
L’enquête menée auprès de 1 002 Israéliens juifs âgés de 18 ans et plus a été réalisée en juillet et août 2026. Selon ses résultats, 74 % des Israéliens juifs jeûnent entièrement ou au moins partiellement à Yom Kippour. 63 % observent un jeûne complet, tandis que 11 % jeûnent partiellement.
Même parmi les Israéliens qui se définissent comme laïques, 28 % jeûnent complètement. 19 % supplémentaires jeûnent au moins partiellement ou certaines années. Près de la moitié des Israéliens juifs laïques observent donc au moins une partie de la tradition du jeûne.
La fréquentation des synagogues est tout aussi révélatrice. 57 % des Israéliens juifs assistent habituellement à un office à Yom Kippour. Pour 18 % d’entre eux, Yom Kippour est même généralement la seule occasion de l’année où ils se rendent dans une synagogue.
Ces chiffres montrent une particularité de la société israélienne. Le religieux et le laïque n’y constituent pas toujours deux mondes nettement séparés. Des personnes peuvent mener une vie laïque au quotidien et néanmoins jeûner, écouter Kol Nidré, se rendre à la synagogue pour Neïla ou passer consciemment la journée dans le calme. Yom Kippour appartient ainsi non seulement à la vie religieuse d’Israël, mais aussi à son identité culturelle juive.
Yom Kippour transforme visiblement et auditivement le quotidien israélien
Cette association est visible comme rarement un autre jour. La circulation routière diminue drastiquement et, dans de nombreuses villes israéliennes, les piétons et les cyclistes façonnent le paysage urbain. La vie publique ralentit d’une manière inhabituelle dans le quotidien d’un État moderne.
Le fait que même le trafic aérien international soit entièrement suspendu pendant des heures dans le plus grand aéroport du pays rend cette dimension tangible. En Israël, Yom Kippour n’est pas une fête que l’on reconnaît seulement sur le calendrier. Le caractère du pays se transforme, de manière audible et visible.
Cela ne signifie pas que tous les Israéliens ont la même approche religieuse. La nouvelle étude de l’IDI distingue clairement les Haredim, les religieux sionistes, les religieux traditionnels, les traditionnels non religieux et les juifs laïques. C’est précisément pour cette raison que l’empreinte sociale commune de cette journée est remarquable.
Pas d’absolution gratuite
C’est peut-être là que réside la véritable force de Yom Kippour. La journée parle de pardon, mais ne le rend pas bon marché. Elle associe l’espoir de l’expiation à la responsabilité personnelle.
Celui qui s’est engagé sur une mauvaise voie doit la quitter. Celui qui a blessé une personne ne doit pas seulement demander pardon à D.ieu, mais aussi affronter cette personne. Celui qui prend la techouva au sérieux ne cherche pas seulement à se sentir mieux. Il cherche à agir mieux.
Yom Kippour n’est pas un bouton religieux annuel d’effacement. Le Jour du Grand Pardon associe le pardon à la responsabilité. C’est précisément pourquoi la véritable techouva ne commence pas par la question de savoir si le jeûne a été accompli, mais par celle de savoir ce qui change ensuite.
Lorsque le chofar retentit lundi soir et qu’Israël reprend lentement son quotidien, ce n’est donc pas seulement une journée de jeûne qui s’achève. La question décisive de Yom Kippour ne porte pas uniquement sur ce qui a été pardonné à une personne. Elle porte aussi sur la voie qu’elle choisira ensuite. G’mar Chatima Tova.
ℹ️ Base factuelle et sources primaires de l’article 📑
▶️ Torah / Sefaria :
Lévitique 16
Fondement biblique du Jour du Grand Pardon et du service particulier du Temple accompli par le Cohen Gadol.
▶️ Michna / Sefaria :
Mishnah Yoma 8:9
Fondement de la distinction entre les fautes commises envers D.ieu et celles commises envers d’autres personnes, ainsi que de l’importance de la réconciliation personnelle.
▶️ Israel Democracy Institute :
Patterns of Fasting and Synagogue Attendance on Yom Kippur
Analyse publiée le 15 septembre 2026 d’une enquête représentative menée auprès de 1 002 Israéliens juifs sur le jeûne et la fréquentation des synagogues à Yom Kippour.
▶️ Israel Airports Authority :
Informations actuelles sur Yom Kippour 2026
Horaires officiels de fonctionnement et fermetures de l’aéroport Ben Gourion ainsi que des aéroports de Ramon et de Haïfa et de plusieurs postes-frontières terrestres.
▶️ Hebcal :
Yom Kippour 2026
Dates calendaires du 10 Tichri 5787 ainsi que début et fin du Jour du Grand Pardon en 2026.
▶️ Chabad :
Yom Kippur Reference Guide 2026
Aperçu du jeûne, des abstentions corporelles, des prières et de la pratique religieuse à Yom Kippour.
▶️ Chabad sur l’exception médicale au jeûne :
What is the procedure for one who must eat on Yom Kippur?
Présentation halakhique de la consommation de nourriture et de boisson à Yom Kippour lorsqu’elle est nécessaire pour des raisons médicales.
▶️ Israelnetz :
Le destin est scellé
Contexte sur le service du Temple, Azazel et la signification traditionnelle du jour des Expiations.
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