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Dans la zone C, on ne fait pas que récolter. De nouvelles voies, des terrasses, des systèmes d’irrigation et des plantations d’oliviers y préparent des revendications foncières à long terme. L’Autorité palestinienne poursuit l’objectif d’accroître son influence dans cette zone. L’UE soutient l’agriculture, l’enregistrement des terres et les structures administratives palestiniennes avec un objectif politique explicite. Or, en vertu d’Oslo II, la compétence territoriale en matière d’aménagement relève d’Israël. C’est précisément l’enjeu de ce conflit.
Celui qui, à l’automne, ne montre que des images de récoltes d’olives ne raconte qu’une partie de l’histoire. Derrière une partie des plantations se trouve une confrontation organisée autour de l’utilisation future de la zone C. Ce phénomène n’est pas documenté uniquement par l’organisation israélienne Regavim. L’israélien Institute for National Security Studies (INSS) décrit également comment l’Autorité palestinienne entend créer, par le biais des infrastructures, de l’enregistrement foncier et de la mise en valeur agricole, les conditions d’un contrôle ultérieur sur de vastes parties de la zone.
Compétence en matière de planification selon Oslo : ce que prévoit la zone C
Dans l’Accord d’Oslo II du 28 septembre 1995la Judée et la Samarie ont été divisées en zones A, B et C. La zone C couvre environ 60 % du territoire. Israël y a conservé la compétence territoriale en matière de planification, de construction et de missions essentielles de sécurité. Certaines compétences non territoriales ont été transférées à l’administration palestinienne. Le processus de transition prévu n’a pas conduit au transfert complet de la zone C.
Il en découle une compétence administrative concrète : sur les terres domaniales dont le statut a été établi, Israël peut agir contre les prises de possession illégales et les travaux de construction ou d’aménagement non autorisés. Quiconque érige de nouvelles installations ou revendique des terrains sans droit d’usage préexistant ne peut obtenir une autorisation par le seul fait d’y planter des arbres. La compétence des autorités fait partie du cadre réglementaire convenu et n’est pas une invention de la politique israélienne de colonisation.

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Aus dem SCHLAGSEITE X-ArchivLes oliviers comme éléments de preuve dans le conflit foncier
La loi foncière ottomane de 1858 continue de produire ses effets dans le droit foncier local jusqu’à aujourd’hui. Son article 78 dispose qu’une exploitation pendant dix ans, sans contestation, de certaines catégories de terres peut créer des droits d’usage juridiquement protégés. Un seul arbre planté ne remplace pas un titre de propriété. Une culture à long terme peut toutefois devenir un élément de preuve dans un litige foncier ultérieur.
C’est précisément pour cette raison que les nouvelles terrasses, les voies d’accès et les rangées de plantations revêtent une importance politique. Elles modifient l’utilisation d’une parcelle et créent des traces visibles et documentables. L’INSS décrit explicitement la stratégie palestinienne comme une tentative de mettre en valeur des territoires contigus, de restreindre spatialement les localités juives et d’influencer le contrôle futur de la zone C. Le rapport de Regavim de 2022 présente à cet égard des mesures concrètes de mise en valeur et des études de cas. Il s’agit d’un conflit territorial, et non pas simplement d’un débat sur les traditions agricoles.
Plan Fayyad : construire l’État par des faits accomplis sur le terrain
La base politique remonte au moins au plan Fayyad de 2009. Le Premier ministre palestinien de l’époque, Salam Fayyad, misait sur la mise en place de structures étatiques et d’une infrastructure économique afin de préparer concrètement la création d’un État palestinien. Pour la zone C, l’INSS décrit une campagne qui s’inscrit dans cette démarche et vise à étendre la présence palestinienne et à enregistrer les revendications foncières.
La démarche est compréhensible : d’abord viennent les plans, les voies d’accès, l’approvisionnement et l’utilisation. Ensuite, des revendications politiques et, le cas échéant, juridiques en sont déduites. C’est précisément à ce stade que la stratégie entre en conflit avec la compétence israélienne en matière d’aménagement du territoire et d’autorisations. Le problème n’est pas l’olivier. C’est la tentative de préjuger de la décision ultérieure concernant un territoire en s’appuyant sur une utilisation durable.
Financement de l’UE dans la zone C : planification, infrastructure et enregistrement des terres
Le rôle politique de l’UE figure dans ses propres documents. Le Service européen pour l’action extérieure mentionne des programmes de financement pour la planification, les infrastructures sociales ainsi que le développement rural et l’agriculture dans la zone C. Le programme d’action de l’UE de 2020 mentionne explicitement le renforcement de la présence institutionnelle de l’Autorité palestinienne comme objectif. Un programme de l’UE de 2018 soutient en outre les procédures d’enregistrement des terres.
La description du programme du Service européen pour l’action extérieureEnsuite, l’UE finance des projets d’infrastructure dans des localités dont les plans sont soit approuvés par Israël, soit considérés comme tacitement approuvés selon sa logique programmatique lorsque l’administration civile israélienne ne formule aucune objection substantielle dans un délai de 18 mois. Il s’agit d’une règle européenne de financement, et non d’un permis de construire israélien que nous aurions démontré.
L’orientation politique est ainsi explicitement documentée : l’UE veut renforcer durablement la présence palestinienne dans la zone C et associe ces programmes à sa vision d’une solution à deux États. Elle intervient ainsi dans le développement d’une zone dont, selon les accords d’Oslo, la planification territoriale relève d’Israël. Il ne peut donc être question, pour ces programmes, d’une aide à la récolte purement apolitique.

Shahak et Ganim/Kadim : deux expulsions concrètes en 2026
Le 7 mai 2026, l’administration civile israélienne a fait enlever quelque 3 000 arbres plantés par des Palestiniens dans le nord de la Samarie. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a déclaré qu’ils se trouvaient sur des terres domaniales à l’intérieur du périmètre d’aménagement de la zone industrielle de Shahak. Selon lui, la mesure devait permettre l’extension de la zone industrielle et la construction d’une nouvelle localité israélienne. Smotrich a explicitement lié cette décision à son objectif politique d’empêcher la création d’un État palestinien. Les détails ont été documentés par la Times of Israel.
Le 20 septembre, Israel National News une autre mesure près de Ganim et de Kadim. Selon les informations de l’administration civile, environ 500 oliviers récemment plantés sur quelque 250 dounams de terres domaniales ont été arrachés. S’y sont ajoutés des installations et des infrastructures que l’autorité a qualifiées de non autorisées. Les terrains se trouvaient à proximité d’extensions israéliennes prévues.
Pour les deux opérations, il existe donc une justification administrative concrète : l’application du droit foncier et de l’aménagement dans le cadre de la compétence de planification prévue par les accords d’Oslo, sur des terrains qu’Israël considère comme des terres domaniales. Les rapports ne contiennent pas l’intégralité des documents cadastraux et judiciaires nécessaires à un examen indépendant des différentes parcelles. Sont documentées les mesures d’exécution israéliennes contre des plantations et des installations qui, selon la présentation des autorités, entravaient l’utilisation prévue de ces terrains.
Bien lire le chiffre en millions
Un Un article de Ynet datant de 2018citait un rapport interne de l’administration civile israélienne faisant état d’environ 14,7 millions d’oliviers sur quelque 975 000 dunams. La COGAT a précisé à ce sujet qu’il s’agissait de données palestiniennes non vérifiées de manière indépendante pour l’ensemble de la Judée-Samarie, y compris les zones A et B. Ce chiffre ne constitue pas la preuve de 14,7 millions de nouvelles plantations illégales dans la zone C.
La preuve décisive ne réside de toute façon pas dans un chiffre global gigantesque. Elle réside dans les programmes vérifiables, les mesures d’aménagement et les décisions concrètes des autorités. Ceux-ci montrent pourquoi même des opérations de plantation relativement modestes peuvent prendre une importance stratégique.
Les images de récolte ne remplacent pas une mise en contexte du conflit foncier
Les attaques contre les travailleurs agricoles sont des infractions et doivent faire l’objet de poursuites. Mais un tel acte est autre chose qu’une évacuation ordonnée par l’autorité compétente en raison d’une utilisation contestée des terres. Confondre les deux brouille l’objet juridique de la procédure concernée. Une photo d’arbres déracinés ne prouve ni une agression ni un droit de propriété.
Le conflit foncier dans la zone C ne peut pas être réduit à une histoire de récolte. L’Autorité palestinienne poursuit une stratégie documentée visant à renforcer sa présence territoriale. L’UE soutient une partie de cette entreprise avec un objectif explicitement politique. En vertu d’Oslo II, Israël dispose dans cette zone de la compétence principale en matière d’aménagement et l’exerce en cas d’appropriations contestées. Quiconque rend compte de ces faits doit les placer au premier plan. Toute autre approche fait disparaître la partie la plus importante du conflit.
ℹ️ Base factuelle et sources primaires de l’article 📑
▶️ Oslo II, accord original :
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▶️ Loi foncière ottomane, article 78 :
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▶️ Institute for National Security Studies, Area C :
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▶️ Regavim, War of Attrition 2022 :
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▶️ Service européen pour l’action extérieure, programmes de financement de l’Area C :
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▶️ Programme de financement de l’UE 2018 :
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▶️ Programme d’action de l’UE 2020 :
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▶️ Times of Israel, Shahak, 8 mai 2026 :
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▶️ Israel National News, Ganim et Kadim, 20 septembre 2026 :
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▶️ Ynet et COGAT, chiffres des plantations 2018 :
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