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Europäische Gaza-Demonstration mit palästinensischen Flaggen, politischen Wahrzeichen und schematisch dargestellten Netzwerkstrukturen
ANALYSE

Les manifestations pour Gaza en Europe sont organisées. Qui se cache derrière elles ?

Die Gaza-Proteste in Europa wirken oft spontan. Doch hinter großen Mobilisierungen stehen Organisationen, Netzwerke, Kampagnen und politische Strukturen. Ein Blick auf Großbritannien, Deutschland und die europäische Ebene zeigt, wer organisiert und wie aus Protest dauerhafter politischer Druck entsteht.

🕒 Lesezeit: ca. 13 Minuten

Les manifestations pour Gaza en Europe font partie du paysage politique de rue de Londres, Berlin et Bruxelles depuis le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. De nombreux participants descendent dans la rue par conviction personnelle. Mais l’idée selon laquelle ces manifestations seraient uniquement le fruit d’une indignation spontanée est réductrice. Les grandes manifestations nécessitent une organisation, de l’argent, de la communication, des structures de campagne et des réseaux. Et ces structures peuvent précisément être retracées dans plusieurs pays européens.

Cela ne signifie pas que les manifestations européennes pour Gaza sont dirigées par un centre secret. Cela ne signifie pas non plus que chaque manifestant est membre d’une organisation extrémiste. Le constat étayé est beaucoup plus sobre et, précisément pour cette raison, plus intéressant : en Grande-Bretagne, en Allemagne et au niveau européen, il existe depuis des années des organisations et des alliances qui coordonnent les manifestations, mobilisent les activistes, élaborent des campagnes et exercent une pression politique sur les gouvernements et les institutions.

Pour certains acteurs, les autorités documentent en outre des liens avec des organisations ou des milieux extrémistes. D’autres opèrent parfaitement légalement en tant qu’ONG, campagnes politiques ou groupes de solidarité. Certains bénéficient d’avantages fiscaux ou de financements publics. Il faut distinguer ces différents niveaux si l’on veut éviter qu’une critique légitime ne se transforme en récit complotiste.


Gaza-Proteste in Europa mit palästinensischen Flaggen und schematisch dargestellten Organisationsstrukturen
Représentation symbolique | Derrière les grandes manifestations se trouvent l’organisation, la communication, la mobilisation, le financement et la logistique.

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La foule est visible, l’infrastructure qui se trouve derrière l’est beaucoup moins

Une manifestation semble d’abord simple sur les images : des personnes se rassemblent, portent des drapeaux et des pancartes et scandent des slogans.

Mais même un rassemblement de grande ampleur nécessite quelqu’un pour le déclarer, organiser un itinéraire, mettre à disposition des haut-parleurs et des scènes, coordonner les services d’ordre, inviter les intervenants, alimenter les canaux des réseaux sociaux, produire des visuels, assurer les relations avec la presse et mobiliser les sympathisants.

Plus un mouvement de protestation est vaste et durable, moins il peut être expliqué sans infrastructure organisationnelle.

C’est précisément ce qui fait de la Grande-Bretagne une étude de cas intéressante. Un rapport publié en juillet 2026 par NGO Monitor a examiné 40 organisations et campagnes apparues à plusieurs reprises depuis le 7 octobre 2023 dans le contexte des manifestations britanniques pour Gaza.

Le rapport ne se penche pas seulement sur les organisateurs, mais aussi sur le financement, le travail de campagne, les chevauchements de personnel et les liens internationaux. La diversité des formes organisationnelles est particulièrement révélatrice : parmi les 40 acteurs examinés, dix sont enregistrés comme organisations caritatives, huit comme entreprises, neuf opèrent selon des structures hybrides et 13 se situent en dehors d’un cadre réglementaire britannique formel, selon NGO Monitor.

C’est précisément cette diversité de montages qui rend difficile le suivi des responsabilités et des flux financiers. NGO Monitor explique expressément qu’en raison du manque de transparence, il n’est possible de déterminer ni l’ensemble des sources de financement ni la totalité des dépenses consacrées aux manifestations.

Grande-Bretagne : six organisations coordonnent les grandes manifestations

Le fait que des structures établies se trouvent derrière les grandes manifestations n’est pas une constatation formulée pour la première fois par NGO Monitor.

L’enquête du gouvernement britannique publiée en 2024, « Protecting our Democracy from Coercion », souvent appelée Walney Review, avait déjà identifié six organisations qui coordonnaient ensemble de grandes manifestations nationales :

  • Palestine Solidarity Campaign
  • Friends of Al-Aqsa
  • Palestinian Forum in Britain
  • Stop the War Coalition
  • Campaign for Nuclear Disarmament
  • Muslim Association of Britain

Ces organisations coopéraient au sein d’une coalition britannique de protestation sous le nom de « Together for Palestine ». Il s’agit ici expressément de cette coalition composée de six groupes, et non du concert caritatif du même nom organisé par Brian Eno, qui s’est tenu en 2025 à la Wembley Arena.

Il faut donc distinguer clairement deux niveaux d’enquête : la coalition de six groupes et son rôle dans les manifestations étaient déjà décrits officiellement en 2024. En 2026, NGO Monitor a élargi son analyse à un ensemble plus vaste de 40 organisations et campagnes, ainsi qu’au financement, à la réglementation et à la transparence.

La Walney Review décrit la coalition de protestation comme l’expression d’alliances entre des secteurs de la gauche radicale britannique et des organisations islamistes. Ces relations se seraient développées au fil des années et seraient issues de campagnes politiques communes.

L’enquête mentionne également des liens entre personnes. Elle renvoie par exemple à la Muslim Association of Britain et à ses liens historiques avec les Frères musulmans. Concernant Friends of Al-Aqsa, elle documente des déclarations positives antérieures de son fondateur Ismail Patel à propos du Hamas, ainsi que ses rencontres avec Ismail Haniyeh.

Concernant le Palestinian Forum in Britain, le rapport évoque plusieurs personnes auxquelles des liens avec le Hamas sont attribués. Pour certaines informations, l’enquête s’appuie expressément sur des renseignements de sécurité israéliens.

Cela ne prouve pas que le Hamas dirige les manifestations britanniques. Cela montre toutefois qu’une partie de l’infrastructure organisationnelle présente des chevauchements politiques et personnels qui vont bien au-delà de l’activisme pacifiste ordinaire.


ℹ️ Deux niveaux à ne pas confondre

Un manifestant peut participer par conviction personnelle sans appartenir à une organisation organisatrice. Le fait que la participation soit volontaire ne dit toutefois rien sur le caractère professionnel de l’organisation de l’événement lui-même. Motivation spontanée et mobilisation organisée ne s’excluent pas mutuellement.

L’argent public en Grande-Bretagne : un constat plus complexe

La question du soutien public est particulièrement sensible.

NGO Monitor indique que 19 des 40 organisations examinées reçoivent un soutien de l’État britannique, soit par l’intermédiaire de relations de financement avec le Foreign, Commonwealth & Development Office, soit via le système appelé Gift Aid. Au moins onze organisations seraient en outre soutenues par des organismes publics d’autres pays ou par des institutions européennes.

Mais financement direct et Gift Aid ne sont pas la même chose.

Dans le cadre du système britannique Gift Aid les organisations caritatives reconnues peuvent recevoir de l’administration fiscale 25 pence supplémentaires pour chaque livre sterling donnée au titre de dons privés admissibles. Un don privé de 100 livres peut ainsi représenter 125 livres pour l’organisation.

Il s’agit d’un avantage fiscal accordé par l’État. Cela ne signifie toutefois pas que le gouvernement britannique finance une ligne budgétaire intitulée « manifestations pour Gaza ».

La question politique pertinente est différente : quelles exigences de transparence et de responsabilité politique s’appliquent aux organisations qui bénéficient d’avantages fiscaux ou de financements publics tout en participant à des campagnes fortement politisées ?

Cette question devient d’autant plus importante lorsque des liens avec des milieux extrémistes sont documentés chez certains responsables.

Allemagne : Samidoun montre comment fonctionne la mobilisation

Ceux qui pensent qu’il s’agit d’un problème spécifiquement britannique devraient maintenant se tourner vers l’Allemagne.

Le Bundesverfassungsschutz décrit le réseau Samidoun, désormais interdit, comme une organisation fondée en 2011 par des membres vivant à l’étranger du Front populaire de libération de la Palestine, organisation terroriste, le FPLP.

Selon l’évaluation de l’Office fédéral de protection de la Constitution, les positions politiques de Samidoun correspondaient à celles du FPLP, y compris le rejet du droit d’existence d’Israël. Le réseau aurait approuvé la violence comme moyen politique et soutenu des organisations terroristes telles que le FPLP et le Hamas, principalement par la propagande.

Pour notre question, une autre partie du rapport est toutefois particulièrement intéressante.

Selon l’Office fédéral de protection de la Constitution, Samidoun utilisait délibérément les manifestations et Internet pour créer des réseaux, recruter des membres, collecter des dons et diffuser de la propagande. Cela permettait d’atteindre des personnes bien au-delà de son cercle fixe de sympathisants.

C’est précisément cela, la mobilisation politique : une structure organisationnelle relativement réduite atteint un public nettement plus vaste.

Après le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, Samidoun a intensifié ces activités. Des sympathisants ont célébré publiquement l’attaque terroriste. Le 2 novembre 2023, le ministère fédéral de l’Intérieur a interdit les activités du réseau en Allemagne et dissous ses structures allemandes.

Le milieu n’a toutefois pas disparu pour autant. L’Office fédéral de protection de la Constitution constate expressément que d’anciens acteurs de Samidoun étaient encore actifs en 2024 au sein de la scène extrémiste propalestinienne.

Berlin fournit peut-être le constat le plus clair

Une étude publiée par le Land de Berlin sur la mobilisation antisémite lors des manifestations après le 7 octobre examine les structures avec une précision inhabituelle.

Elle décrit le Hamas, le FPLP et Samidoun comme des acteurs centraux hostiles à l’ordre constitutionnel durant la première phase des manifestations. Des personnes issues de ce milieu auraient appelé presque quotidiennement à des rassemblements hostiles à Israël.

L’étude en tire une conclusion directe : plusieurs milliers de personnes ne participent pas spontanément et à partir de rien à un tel rassemblement. Sans structures qui coordonnent, mettent en réseau, mobilisent et définissent les slogans, des rassemblements de cette ampleur seraient impossibles.

Après les interdictions du Hamas et de Samidoun le 2 novembre 2023, la situation a changé. Le nombre de participants a diminué et moins d’infractions ont été enregistrées lors des manifestations autorisées par la suite.

Il ne s’agit pas d’un modèle théorique, mais d’un lien observable : une structure organisationnelle disparaît et la capacité de mobilisation se modifie.


Infografik zu europäischen Gaza-Protesten mit NGOs, Netzwerken, Finanzierung, Aktivismus und deutschen Akteuren
Représentation symbolique | L’infographie montre les niveaux organisationnels de la mobilisation européenne pour Gaza, des réseaux et du financement aux campagnes et à l’activisme.

Les structures à Berlin subsistent

Le Berliner Verfassungsschutzbericht 2025 montre que la scène hostile à Israël n’a pas disparu avec l’interdiction de Samidoun.

L’autorité cite notamment comme acteurs marquants le Vereinigte Palästinensische Nationalkomitee, BDS Berlin et Young Struggle.

Le Vereinigte Palästinensische Nationalkomitee, VPNK, décrit par l’Office berlinois de protection de la Constitution comme une appellation générique sous laquelle les partisans du Hamas et du FPLP coopéraient étroitement à Berlin et organisaient conjointement des rassemblements.

L’Office fédéral de protection de la Constitution décrit Young Struggle comme la fédération faîtière européenne des organisations de jeunesse du Parti communiste marxiste-léniniste, MLKP, et comme son organisation de jeunesse agissant directement en Allemagne. Selon l’évaluation de l’Office de protection de la Constitution, le MLKP poursuit également ses objectifs en Turquie par des moyens terroristes. Après le 7 octobre 2023, Young Struggle s’est montré particulièrement actif dans la mobilisation, l’organisation et la participation à des rassemblements propalestiniens.

BDS Berlin, quant à lui, se considère comme une composante du mouvement international en faveur du boycott, du désinvestissement et des sanctions contre Israël et organise des actions, des protestations et des campagnes correspondantes. Dans son rapport pour 2025, l’Office berlinois de protection de la Constitution a cité le groupe parmi les acteurs marquants de la mouvance hostile à Israël relevant de la protection de la Constitution.

Selon l’autorité, cette mouvance était également responsable en 2025 de nombreux événements au cours desquels le droit à l’existence d’Israël a été nié et le terrorisme du Hamas célébré.

Les autorités de sécurité décrivent ainsi des acteurs concrets, des réseaux et des structures de mobilisation. Cela est nettement plus éclairant pour comprendre comment des milieux politiques donnent naissance à des mouvements de protestation de grande ampleur qu’une étiquette globale appliquée à tous les participants.

1 744 rassemblements avec des incidents antisémites

L’ampleur du lien désormais établi entre l’antisémitisme et les mouvements de protestation ressort des chiffres de la Fédération nationale RIAS.

Les bureaux de signalement ont recensé en 2025 un total de 8 725 incidents antisémites en Allemagne. Cela correspond mathématiquement à près de 24 incidents par jour.

Particulièrement pertinent pour le mouvement de protestation : RIAS a recensé 1 744 rassemblements marqués par des incidents antisémites. Cela représente près de 34 par semaine.

Dans 89 % de ces incidents survenus lors de rassemblements, RIAS a classé les propos ou actes antisémites dans la catégorie de l’antisémitisme lié à Israël.

RIAS ne considère donc pas simplement toute critique d’Israël comme antisémite. Sont recensés les incidents qui, selon les critères des bureaux de signalement, présentent une dimension antisémite.

Les chiffres ne permettent donc pas d’affirmer que « les manifestations pour Gaza sont antisémites ». Ils permettent toutefois de constater que les manifestations antisémites au sein des rassemblements autour d’Israël ne constituent pas un phénomène marginal rare.

Et l’Allemagne paie pour cela ?

Il faut ici de nouveau distinguer soigneusement les faits.

À ce jour, aucun élément probant ne permet d’établir l’existence d’un financement public systématique des manifestations allemandes pour Gaza.

L’Allemagne finance de nombreux projets de la société civile, humanitaires et de politique du développement au Moyen-Orient. On ne peut toutefois pas en déduire automatiquement que l’argent des contribuables allemands finance des manifestations dans les rues allemandes.

Parallèlement, des documents du Bundestag datant de 2026 montrent que le gouvernement fédéral maintenait la suspension des financements pour six organisations palestiniennes, dont Al-Haq, Addameer et Defense for Children International Palestine. Il s’agit ici de l’examen et du financement de projets de la société civile à l’étranger.

Cette procédure ne constitue expressément pas une preuve de financement de manifestations à Berlin, Londres ou ailleurs en Europe. Elle doit être mentionnée ici uniquement comme élément parallèle dans la question du contrôle des financements publics : les bailleurs publics doivent vérifier de manière traçable à qui ils accordent des fonds ou des possibilités de financement, et quels liens politiques ou pertinents pour la sécurité existent dans ce cadre.

Les manifestations pour Gaza en Europe : les réseaux ne s’arrêtent pas aux frontières nationales

La différence peut-être la plus importante par rapport à une approche purement nationale tient au fait que nombre de ces structures travaillent explicitement à l’échelle internationale.

Un bon exemple est l’European Coordination of Committees and Associations for Palestine, ECCP.

L’organisation se décrit elle-même comme un réseau de 46 organisations européennes, ONG, syndicats et groupes de solidarité issus de 19 pays européens. Selon ses propres indications, elle coordonne des actions politiques, des campagnes locales et des débats à l’échelle européenne.

Sa liste de membres montre l’étendue géographique de ce réseau. Pour l’Allemagne, l’ECCP mentionne notamment BDS Berlin. En France, le réseau comprend par exemple l’Association France Palestine Solidarité, AFPS, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, l’Union Juive Française pour la Paix et BDS France.

Les manifestations pour Gaza en Europe diffèrent d’un pays à l’autre, mais s’appuient parfois sur des réseaux et des structures de campagne communs. Cela ne fait pas de Londres, Berlin ou Bruxelles un système européen piloté de manière centralisée. Cela montre toutefois que des organisations nationales sont reliées entre elles par des structures européennes communes et que les campagnes politiques ne s’arrêtent pas nécessairement aux frontières nationales.

L’ECCP ne dissimule pas sa fonction politique. L’organisation entend coordonner des campagnes à l’échelle européenne et exercer une pression politique sur les relations entre l’Union européenne et Israël.

Il s’agit d’abord d’un travail légal de lobbying et de campagne politique. Cela réfute néanmoins l’idée selon laquelle l’activisme européen en faveur de Gaza ne serait constitué que de protestations locales indépendantes les unes des autres.

De la rue aux institutions

Le fait que la mobilisation ne s’arrête pas au parcours de la manifestation est également illustré par l’Initiative citoyenne européenne « Justice for Palestine », lancée en 2026.

Soutenue par l’Alliance de la gauche européenne, cette initiative vise à obtenir la suspension complète de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Le forum officiel de l’Initiative citoyenne européenne décrit cette campagne comme une tentative de traduire en pression politique concrète sur les institutions de l’UE la mobilisation devenue visible dans les rues européennes au cours des dernières années.

Cela est légitime dans une démocratie. Mais cela illustre clairement la chaîne d’évolution :

Manifestation, mobilisation, campagne, collecte de signatures, lobbying, pression institutionnelle.

Quiconque ne regarde que la foule présente le samedi ne voit donc que la partie la plus visible de l’organisation politique.

Des milliards pour les ONG, mais aucune preuve du financement des manifestations

Au niveau européen, on revient inévitablement à la question des fonds publics.

La Cour des comptes européenne a examiné le financement des ONG dans les domaines de politique intérieure de l’UE. Pour les années 2021 à 2023, il était question de plus de sept milliards d’euros de fonds publics.

Sa conclusion était claire : les informations sur le financement seraient en partie fragmentaires, incomplètes et peu fiables. Les activités de lobbying et de plaidoyer des ONG financées par l’UE ne seraient pas non plus toujours présentées de manière suffisamment transparente.

La Cour des comptes a en outre critiqué le fait qu’il ne soit pas vérifié activement et systématiquement si les organisations soutenues respectent les valeurs fondamentales de l’Union européenne.

La Cour des comptes n’affirme toutefois pas que ces milliards financent des manifestations pour Gaza ou des campagnes anti-israéliennes. Présenter cette somme totale comme si Bruxelles finançait ainsi des manifestations contre Israël reviendrait à confondre deux réalités différentes.

Le rapport montre autre chose : le financement européen des ONG présente des problèmes de transparence. Lorsque des organisations financées par des fonds publics mènent simultanément des campagnes politiques et des activités de lobbying, il doit être possible de comprendre de manière traçable quels fonds sont utilisés et à quelles fins.


⚠️ La distinction est décisive

Le financement public des ONG n’est pas automatiquement un financement de manifestations. L’appartenance à un réseau n’est pas automatiquement de l’extrémisme. Un lien entre des personnes n’est pas automatiquement une direction organisationnelle. C’est précisément pourquoi les flux financiers, les structures organisationnelles et les liens extrémistes doivent être établis séparément dans chaque cas.

Pas de centre de commandement, mais un écosystème politique

Que reste-t-il donc de la question initiale ?

Il n’existe aucun élément probant attestant l’existence d’un centre de commandement européen central qui dirigerait les manifestations pour Gaza de Londres à Berlin.

Pourtant, une telle structure n’est pas non plus nécessaire à une mobilisation politique efficace.

Les sources disponibles montrent plutôt un écosystème politique : organisateurs locaux, coalitions nationales, ONG, groupes militants, organisations de gauche, réseaux islamistes, associations internationales de solidarité, plateformes de campagne et acteurs politiques.

Certains de ces groupes ne coopèrent que ponctuellement. D’autres sont reliés institutionnellement. Certains sont parfaitement légaux et organisés démocratiquement. Pour d’autres, les autorités de sécurité documentent des liens avec des organisations extrémistes ou terroristes.

C’est précisément ce mélange qui rend le réseau plus difficile à comprendre que l’idée simple d’un mouvement dirigé de manière centralisée.


Infografik zu Europas Gaza-Protesten mit lokalen Organisationen, Bündnissen, Netzwerken, Finanzierung, Kampagnen und unterschiedlichen Akteuren
Représentation symbolique | L’infographie présente différents niveaux de la mobilisation organisée en faveur de Gaza, des organisateurs locaux aux réseaux et campagnes européens.

Qui se cache donc derrière tout cela ?

La réponse n’est pas : une organisation.

Au Royaume-Uni, six groupes centraux sont documentés comme coordinateurs de grandes manifestations. En Allemagne, les autorités de sécurité décrivent des structures extrémistes et militantes qui organisent des manifestations et mobilisent bien au-delà de leur propre base de sympathisants. À l’échelle européenne, des réseaux comme l’ECCP relient des organisations de nombreux pays et transposent les revendications politiques au niveau de l’UE.

S’y ajoutent des partis, des syndicats, des ONG, des initiatives étudiantes, des groupes locaux et des réseaux informels de militants.

Les manifestations pour Gaza en Europe relèvent donc à la fois de la base et de l’organisation. Les gens y participent volontairement. Mais les espaces politiques dans lesquels ils sont mobilisés ne se créent pas spontanément.

Et c’est précisément là que se trouve la question journalistique décisive.

Non pas : qui a dit à chaque manifestant de descendre dans la rue ?

Mais : qui met en place les structures, formule les campagnes, diffuse les messages, collecte les fonds, organise les événements et transforme l’indignation en pression politique durable ?


Qui veut comprendre les manifestations pour Gaza en Europe ne doit pas se contenter de regarder les drapeaux, les pancartes et le nombre de participants. Les structures qui les sous-tendent sont décisives. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et les réseaux européens montrent que la mobilisation est organisée, financée, mise en réseau et prolongée sur le plan politique. Ce n’est pas une conspiration secrète. C’est une infrastructure politique.
ℹ️ Base factuelle et sources primaires de l’article 📑

▶️ NGO Monitor :
Influence importée : financements étrangers, zones de non-droit réglementaires et liens extrémistes de l’infrastructure de protestation britannique postérieure au 7 octobre
Rapport du 8 juillet 2026 sur 40 organisations et campagnes du réseau de protestation britannique, leurs formes organisationnelles, leur financement, leur transparence et les liens personnels ou organisationnels documentés.

▶️ Enquête du gouvernement britannique :
Protéger notre démocratie contre la coercition
Walney Review publié en 2024, avec des informations sur la coalition de protestation Together for Palestine, ses six organisations centrales ainsi que les chevauchements entre la gauche radicale et les acteurs islamistes.

▶️ HM Revenue & Customs :
Revendiquer le Gift Aid en tant qu’association caritative ou CASC
Explication officielle du dispositif britannique Gift Aid et de la majoration fiscale des dons privés admissibles.

▶️ Office fédéral de protection de la Constitution :
Rapport 2024 de l’Office de protection de la Constitution
Informations sur Samidoun, ses liens avec le FPLP ainsi que sur l’utilisation des manifestations, d’Internet, de la collecte de dons et de la propagande à des fins de mobilisation et de mise en réseau. Le rapport décrit également Young Struggle comme une fédération européenne regroupant les organisations de jeunesse du MLKP, ainsi que son organisation de jeunesse en Allemagne.

▶️ Land Berlin :
Examen des situations de rassemblement antisémites après le 7 octobre 2023
Analyse de l’importance organisationnelle du Hamas, du FPLP et de Samidoun dans la mobilisation initiale des protestations à Berlin et de l’évolution après les interdictions du 2 novembre 2023.

▶️ Rapport 2024 de l’Office de protection de la Constitution de Berlin :
Rapport 2024 de l’Office de protection de la Constitution de Berlin
Classement du Comité national palestinien uni comme appellation faîtière désignant la coopération entre des partisans du Hamas et du FPLP à Berlin, ainsi qu’informations sur les rassemblements communs.

▶️ Office de protection de la Constitution de Berlin :
Rapport 2025 de l’Office de protection de la Constitution de Berlin
Évaluation actuelle de la scène hostile à Israël présentant un intérêt pour la protection de la Constitution et mention d’acteurs marquants tels que le Comité national palestinien uni, BDS Berlin et Young Struggle.

▶️ BDS Berlin :
Présentation de BDS Berlin
Description de l’organisation comme faisant partie du mouvement international de boycott, de désinvestissement et de sanctions, ainsi qu’informations sur ses actions, protestations et campagnes.

▶️ Fédération fédérale RIAS :
Incidents antisémites en Allemagne en 2025
Documentation à l’échelle nationale de 8 725 incidents antisémites ainsi que de 1 744 rassemblements marqués par des incidents antisémites.

▶️ Bundestag allemand :
Activité des organisations de la société civile en Israël
Documents parlementaires sur le maintien de la suspension du financement de six organisations palestiniennes. Utilisé dans l’article exclusivement comme constat parallèle concernant le contrôle public des financements, et non comme preuve du financement de protestations.

▶️ European Coordination of Committees and Associations for Palestine :
European Coordination of Committees and Associations for Palestine
Présentation comme un réseau de 46 organisations européennes, ONG, syndicats et groupes de solidarité issus de 19 pays, ainsi qu’informations sur le travail de campagne politique au niveau européen.

▶️ Initiative citoyenne européenne :
Initiative citoyenne européenne Justice for Palestine
Présentation de la campagne lancée en 2026 en faveur de la suspension complète de l’accord d’association UE-Israël.

▶️ Cour des comptes européenne :
Les financements de l’UE accordés aux ONG souffrent d’un manque de transparence
Rapport d’audit sur les déficits de transparence concernant plus de sept milliards d’euros de financements de l’UE accordés à des ONG dans des domaines politiques internes entre 2021 et 2023.

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[shariff]

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