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Guerre des tunnels à Gaza : pourquoi la destruction est si massive

Tunnelkrieg Gaza erklärt die massive Zerstörung. Hamas nutzte Tunnel, Fallen und zivile Gebäude als militärische Infrastruktur. Dieser Artikel zeigt, warum der Tunnelkrieg Gaza zwangsläufig zu schweren Schäden führte.

🕒 Lesezeit: ca. 12 Minuten

Guerre des tunnels à Gaza : les images de la bande de Gaza montrent une dévastation qui ne doit être ni minimisée ni détachée de son contexte militaire. Des quartiers entiers ont été détruits, plus de 370 000 logements ont été endommagés ou détruits et les infrastructures civiles ont été touchées dans une mesure à peine imaginable. Pourtant, la seule vue des ruines ne permet de déterminer ni la cause de chaque destruction ni la nature des combats qui l’ont précédée.

Pour comprendre pourquoi Gaza a aujourd’hui cet aspect, il faut donc regarder au-delà des décombres visibles. Le Hamas a mené sa guerre depuis un environnement civil densément peuplé et a relié tunnels, zones résidentielles, bâtiments publics et rues entières au sein de son système militaire. Cette imbrication souterraine et de surface fait partie des facteurs déterminants lorsqu’il s’agit d’expliquer l’ampleur des destructions.

Les destructions visibles et la guerre invisible

Sur les images satellites, la situation paraît claire : des toits manquent, des immeubles d’habitation se sont effondrés, des rues disparaissent sous les décombres. Le Centre satellitaire des Nations unies UNOSAT a documenté jusqu’en octobre 2025 des dommages touchant une grande partie des bâtiments recensés.

Ces images sont souvent utilisées pour avancer directement l’affirmation selon laquelle Israël aurait détruit Gaza sans discernement ou par vengeance. Mais une image des dommages montre d’abord seulement qu’un bâtiment a été endommagé ou détruit. Elle ne montre pas ce qui s’y trouvait auparavant, si des combats avaient lieu dans le bâtiment ou en dessous, si des armes ou des pièges explosifs y étaient présents, si un tunnel le traversait, ni quelle était la situation militaire au moment de la destruction.

Les causes des dommages sont donc diverses. Elles comprennent les frappes aériennes, les tirs d’artillerie et de chars, les combats urbains, les destructions contrôlées, les opérations de bulldozers, l’explosion de dépôts de munitions, les pièges explosifs ainsi que la neutralisation d’installations souterraines.

ℹ️Le Modern War Institute de l’Académie militaire américaine de West Point décrit généralement la guerre urbaine comme particulièrement destructrice, car les combattants, les infrastructures militaires et la population civile se retrouvent dans un espace très restreint. Dans une ville densément bâtie, ces facteurs n’agissent pas séparément. Ils se renforcent mutuellement.
Technische Schnittdarstellung eines zerstörten Stadtviertels im Gazastreifen über einem mehrstöckigen Tunnelsystem mit Schächten, Kommandoraum und Waffenlager
Image générée par IA | La lutte contre un réseau de tunnels aménagé sous des zones résidentielles a nécessairement des répercussions sur les bâtiments en surface.

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Le réseau de tunnels, élément structurant de la guerre

Le réseau souterrain du Hamas n’est pas un phénomène marginal. Une analyse publiée en septembre 2025 par le Center for Army Lessons Learned de l’armée américaine décrit le réseau de tunnels comme un élément structurant de la guerre.

En s’appuyant sur des rapports publiés, l’analyse avance une longueur totale estimée de 350 à 450 miles, soit environ 560 à 725 kilomètres, ainsi qu’environ 5 700 puits. Ces chiffres sont des estimations issues de rapports publiés et ne constituent pas une cartographie complète de l’ensemble du réseau de tunnels. Leur ordre de grandeur montre toutefois à lui seul qu’il ne s’agissait pas de quelques abris ou couloirs de liaison isolés.

Les tunnels remplissaient des fonctions militaires essentielles. Ils assumaient des tâches pour lesquelles une armée conventionnelle aurait besoin, en surface, de routes, de casernes, d’entrepôts, de voies d’approvisionnement et de postes de commandement. Ils permettaient de déplacer des combattants, de transporter des armes, de préparer des tirs de roquettes, d’organiser des embuscades et de réinfiltrer des zones déjà évacuées. Selon l’analyse de l’armée américaine, les installations les plus profondes abritaient des postes de commandement, des dortoirs et des dépôts.

Leur lien avec les bâtiments est déterminant. Les accès aux tunnels pouvaient être dissimulés dans des bâtiments ou à proximité. Le combat en surface et la guerre souterraine devenaient ainsi pratiquement indissociables. L’armée américaine souligne expressément que cette imbrication compliquait la lutte contre les tunnels et que leur neutralisation dans des zones densément bâties pouvait avoir des conséquences considérables sur les bâtiments et les infrastructures.

La vidéo suivante montre à titre d’exemple le lien entre les bâtiments en surface et l’infrastructure souterraine, et met ainsi en évidence un problème central de cette guerre.

Un environnement civil comme système militaire

Le Hamas ne combattait pas depuis une zone militaire délimitée. Des armes, des puits, des installations de commandement, des pièges explosifs et des voies de repli ont été retrouvés à plusieurs reprises, selon des documents israéliens, dans des zones résidentielles et à proximité immédiate d’installations civiles.

L’armée israélienne décrit l’utilisation militaire de zones civiles comme un élément central de la stratégie du Hamas. Ce schéma correspond aux informations disponibles sur l’étendue du réseau de tunnels ainsi qu’aux analyses militaires de la guerre souterraine.

En avril 2025, l’armée israélienne a par exemple indiqué que des armes avaient été découvertes à Rafah dans des sacs portant le marquage de l’UNRWA. Le lieu de la découverte se serait trouvé à environ 80 mètres d’un bâtiment autrefois utilisé comme école et à environ 100 mètres d’un ancien hôpital. Au cours de la même opération, plusieurs maisons piégées ont été neutralisées.

Le rapport de l’opération de l’armée israélienne contient des images et des informations précises sur les lieux des découvertes. Il montre de manière exemplaire les dangers auxquels les troupes israéliennes étaient confrontées dans les zones densément bâties.


ℹ️ Ce que l’armée américaine déduit de Gaza

L’armée américaine ne considère pas le combat souterrain comme une tâche spéciale distincte. Son analyse conclut plutôt que les combats au-dessus et au-dessous du sol étaient étroitement liés. Les troupes devaient simultanément sécuriser les bâtiments, les rues et les tunnels, tandis que les combattants du Hamas pouvaient utiliser les voies souterraines pour se déplacer, se ravitailler, tendre des embuscades et s’infiltrer à nouveau.

Utilisation militaire et boucliers humains

L’utilisation militaire d’espaces civils et la notion juridique de bouclier humain ne sont pas totalement identiques. Pour qualifier juridiquement une situation de bouclier humain, il faut déterminer si la présence ou le déplacement de civils est utilisé délibérément pour protéger des objectifs ou des opérations militaires.

Cette distinction terminologique ne change toutefois rien au problème fondamental de la stratégie du Hamas. Quiconque intègre des tunnels, des dépôts d’armes, des positions de tir ou des accès militaires dans des espaces civils densément peuplés relie directement son propre système militaire à l’environnement de la population civile.

Les risques pour les civils augmentent ainsi considérablement. Dans le même temps, la distinction entre les infrastructures civiles et les objectifs militaires devient nettement plus difficile pour l’adversaire.

Le terme « boucliers humains » devrait donc être employé là où l’utilisation délibérée de civils requise à cette fin peut être établie. L’intégration militaire dans des zones civiles demeure, indépendamment de cela, un facteur central pour comprendre la guerre à Gaza.

Quand une habitation peut devenir un objectif militaire

Le droit international humanitaire distingue les biens de caractère civil des objectifs militaires. Les habitations, les écoles, les établissements médicaux et les lieux de prière sont en principe des biens civils.

Le Comité international de la Croix-Rouge pose comme règle fondamentale que les parties à un conflit doivent distinguer les biens civils des objectifs militaires.

Un bâtiment civil peut toutefois perdre sa protection contre une attaque directe s’il est effectivement utilisé à des fins militaires. Cela peut notamment être le cas lorsqu’un bâtiment sert de position de tir, de dépôt d’armes, de poste de commandement ou d’accès à un tunnel militaire et que sa neutralisation procure un avantage militaire concret.

Cette définition découle de l’article 52 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève.


Schnittdarstellung eines mehrstöckigen Wohnhauses mit zivil eingerichteten Wohnungen, verborgenem Tunnelzugang, Waffenlager im Keller und militärischem Beobachtungspunkt auf dem Dach
Image générée par IA | Un immeuble d’habitation initialement civil peut être utilisé en partie à des fins militaires par l’intermédiaire d’un accès à un tunnel, d’un dépôt d’armes ou d’un poste d’observation militaire.

En cas de doute sur l’utilisation effective à des fins militaires d’un bâtiment habituellement utilisé à des fins civiles, il faut en principe présumer son caractère civil. C’est donc la fonction réelle d’un bâtiment dans la situation militaire concrète qui est déterminante, et non son apparence initiale.

Une habitation ne reste donc pas automatiquement un bien exclusivement civil, indépendamment de son utilisation réelle. Si elle devient une composante d’opérations militaires, son appréciation juridique change.

Les attaques restent soumises aux principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. Le Comité international de la Croix-Rouge explique ces principes comme des règles centrales de la conduite de la guerre.

Le cadre juridique est donc clair : ce qui compte, c’est l’utilisation concrète de l’objet, l’avantage militaire et les informations disponibles au moment de l’opération. Une image satellite de la ruine ultérieure ne permet pas de reconstituer ces facteurs.

Pourquoi les armées font exploser des bâtiments de manière contrôlée

Les destructions contrôlées remplissent des fonctions militaires concrètes dans les combats urbains et les guerres de tunnels. Elles peuvent ensevelir des accès aux tunnels, provoquer l’effondrement d’espaces souterrains, éliminer des pièges explosifs, détruire des dépôts d’armes ou empêcher qu’un bâtiment déjà évacué soit de nouveau utilisé comme position de tir.

Pour les soldats, une explosion peut en outre être nettement plus sûre qu’une nouvelle progression de pièce en pièce. Dans un bâtiment miné, chaque porte, chaque escalier ou chaque mur peut devenir un piège. Une maison apparemment sécurisée peut être de nouveau investie par un tunnel. Une cave peut servir d’accès pour une embuscade, tandis que des tireurs postés dans des bâtiments voisins surveillent une rue.

Le Modern War Institute décrivait déjà, avant le début de la grande offensive terrestre, la combinaison de bâtiments densément construits, de tunnels, d’embuscades et de pièges explosifs comme l’un des plus grands défis pour les forces terrestres israéliennes.

Dans ce contexte, la destruction contrôlée de structures dangereuses n’est pas une pratique inexplicable ou propre à Israël, mais elle relève de la logique militaire d’un combat contre des positions fortifiées, minées et reliées par des réseaux souterrains.

La vidéo suivante montre des destructions contrôlées dans le cadre d’opérations terrestres israéliennes et illustre cette méthode.

Pièges explosifs et lutte pour les zones déjà évacuées

Les combats urbains à Gaza ne se sont pas déroulés de manière linéaire. Des zones ont été prises, abandonnées, puis investies à nouveau. Les combattants du Hamas pouvaient utiliser les tunnels pour surgir derrière les lignes israéliennes ou revenir dans des secteurs auparavant évacués.

Ainsi, un bâtiment déjà fouillé ou sécurisé pouvait ensuite être de nouveau utilisé comme position, dépôt d’armes ou piège.

L’armée israélienne a signalé à plusieurs reprises des maisons minées et des dépôts d’armes dissimulés. Cela correspond à l’utilité tactique du réseau de tunnels, que décrit également l’armée américaine : le Hamas pouvait se déplacer sous terre, préparer des attaques, se replier et réapparaître ailleurs.

Pour les soldats israéliens, cela signifiait qu’un contrôle unique d’un bâtiment ne suffisait pas nécessairement. Les structures dangereuses devaient être surveillées, fouillées de nouveau ou rendues définitivement inutilisables.

La destruction de tels bâtiments ne peut donc pas être examinée sérieusement sans prendre en compte le contexte tactique des tunnels, des pièges explosifs, des embuscades et des infiltrations répétées.

Lorsque la destruction des tunnels atteint la surface

Les infrastructures souterraines ne peuvent pas être détruites sans affecter le sol qui les recouvre. Les dommages causés dépendent de la profondeur, du mode de construction, de la nature du sol, de la méthode employée et de la distance par rapport aux bâtiments environnants.

La analyse de l’armée américaine mentionne différentes méthodes de neutralisation des tunnels, notamment l’effondrement mécanique, les charges explosives contrôlées, les matériaux de blocage et les munitions spéciales.

Dans les zones densément bâties, de telles mesures ne peuvent précisément pas rester isolées sous terre. Lorsqu’un tunnel s’effondre, des fondations peuvent s’affaisser, des routes être endommagées ou des bâtiments voisins être affectés.

Cela ne signifie pas que tout bâtiment endommagé se trouvait au-dessus d’un tunnel. Mais cela ne signifie pas non plus que la guerre des tunnels serait sans importance pour les dégâts visibles.

Quiconque évalue la surface de Gaza sans prendre en compte les infrastructures militaires situées en dessous ne considère littéralement que la moitié du champ de bataille.

La vidéo suivante montre la lutte contre les infrastructures souterraines et explique pourquoi les opérations menées sous terre peuvent avoir des conséquences sur les bâtiments et les routes en surface.

La guerre urbaine ne connaît pas de ligne de démarcation nette

Dans les zones densément bâties, les bâtiments eux-mêmes deviennent des facteurs tactiques. Ils offrent une couverture et masquent les mouvements, limitent les axes de déplacement, permettent des embuscades et peuvent être reliés entre eux par des brèches dans les murs ou des tunnels.

Les véhicules abattent des murs pour contourner des rues étroites ou minées. Les bombardements peuvent provoquer des explosions secondaires si des munitions ou du carburant se trouvent dans un bâtiment. L’effondrement d’une maison peut endommager les structures voisines.

Des destructions comparables ont également été observées à Mossoul et à Raqqa lors des combats contre l’organisation dite État islamique.

C’est essentiel pour replacer les faits dans leur contexte. Les destructions massives ne sont pas une caractéristique propre à Israël. Elles font partie des conséquences connues de la guerre urbaine moderne lorsqu’une organisation militairement inférieure combat depuis une ville densément bâtie, intègre ses positions dans le tissu urbain et utilise des infrastructures souterraines.

Le Modern War Institute a donc rapidement présenté Gaza comme un exemple particulièrement difficile de la guerre urbaine moderne.

Gaza présente en outre des particularités supplémentaires. La densité de population, l’exiguïté de l’espace, le nombre de personnes déplacées, la longue durée de la guerre et surtout l’ampleur exceptionnelle du réseau de tunnels ont considérablement aggravé les conditions de ce champ de bataille.

L’ampleur des destructions

L’ampleur des dommages est immense. Le Centre satellitaire des Nations unies, UNOSAT, est arrivé, sur la base d’images prises le 11 octobre 2025, à la conclusion qu’environ 81 % de l’ensemble des structures recensées dans la bande de Gaza étaient endommagées.

UNOSAT a identifié 123 464 structures détruites, 17 116 gravement endommagées, 33 857 modérément endommagées et 23 836 potentiellement endommagées. Au total, 198 273 bâtiments affectés ont été recensés. L’évaluation reposait sur des images satellitaires et n’avait pas encore été confirmée à ce stade par des investigations de terrain couvrant l’ensemble de la zone.

L’évaluation conjointe des dommages et des besoins réalisée par l’Union européenne, les Nations unies et la Banque mondiale du 20 avril 2026 chiffre les dommages physiques directs à 35,2 milliards de dollars américains.

S’y ajoutent des pertes économiques et sociales estimées à 22,7 milliards de dollars. Les besoins de reconstruction et de relèvement sont évalués à environ 71,4 milliards de dollars sur dix ans. L’analyse recense également plus de 371 000 logements endommagés ou détruits.


⚠️ La destruction ne constitue pas automatiquement une preuve juridique

Les images satellitaires et les statistiques relatives aux dommages documentent l’ampleur des destructions. Elles ne documentent toutefois pas automatiquement leur cause militaire ni la situation concrète des combats. Celui qui déduit directement du nombre de bâtiments détruits l’existence d’attaques indiscriminées, d’une vengeance ou d’une intention particulière tire des images des informations qu’elles ne contiennent pas elles-mêmes.

Le 7 octobre et la responsabilité du Hamas

Le point de départ de cette guerre ne doit pas disparaître de l’analyse des destructions. Le 7 octobre 2023, le Hamas et d’autres organisations terroristes palestiniennes ont attaqué des localités et des bases militaires israéliennes.

La commission d’enquête des Nations unies a établi que des civils avaient été délibérément attaqués et tués, que des personnes avaient été maltraitées et que des otages avaient été transférés de force dans la bande de Gaza. La commission a qualifié de crimes de guerre les homicides intentionnels, les prises d’otages et d’autres actes.

Israël a réagi en déclarant vouloir détruire les capacités militaires du Hamas et éliminer la menace qu’il avait créée.

À ce moment-là, le Hamas avait déjà intégré depuis des années ses infrastructures militaires en profondeur dans l’environnement civil de Gaza. L’imposant réseau de tunnels reliait des zones résidentielles, des routes et d’autres structures en surface à un réseau militaire souterrain.

Le Hamas a ainsi largement déterminé les conditions dans lesquelles cette guerre devait être menée.

Quiconque retire le Hamas de l’explication des destructions actuelles montre le résultat d’une guerre tout en occultant une part décisive de sa cause militaire.

Pourquoi le récit de la vengeance ne tient pas

L’affirmation selon laquelle Gaza aurait été détruite par vengeance israélienne n’explique pas la réalité militaire. Elle ignore les tunnels, les pièges explosifs, les dépôts d’armes, les voies de repli, les embuscades, les voies de ravitaillement souterraines et le déplacement délibéré de structures militaires dans des zones densément bâties.

Elle ignore également que les troupes israéliennes ne combattaient pas seulement des combattants en surface, mais aussi un réseau souterrain à plusieurs niveaux qui permettait au Hamas d’échapper au combat direct et d’attaquer de nouveau depuis des zones déjà évacuées.

Les ruines visibles ne constituent donc pas une preuve auto-explicative des motivations d’Israël.

Les images satellitaires peuvent montrer quel bâtiment n’existe plus aujourd’hui. Elles ne peuvent toutefois pas montrer ce qui se trouvait à l’intérieur ou en dessous au moment des combats, quelle menace y existait, si une entrée de tunnel était présente, si le bâtiment était piégé ou de quelles informations disposaient les troupes engagées.

C’est précisément cet avant-contexte militaire qui disparaît souvent lorsque des images de maisons détruites sont diffusées sans autre contexte.

Gaza a été transformée en champ de bataille

Gaza n’est pas en ruines parce que ses bâtiments auraient été dépourvus d’importance pour Israël. Elle est en ruines parce qu’une guerre d’une intensité exceptionnelle a été menée dans, entre et sous ces bâtiments.

Le Hamas a fait de l’environnement civil un élément de son système militaire. Des tunnels passaient sous des zones bâties, des puits reliaient la surface et le sous-sol, des bâtiments pouvaient dissimuler des armes, des positions ou des accès, et des zones déjà évacuées pouvaient être infiltrées de nouveau.

Israël devait donc combattre un adversaire dont l’infrastructure militaire n’était précisément pas séparée proprement de l’environnement civil.

Cela n’explique pas chaque mur endommagé. Mais cela explique pourquoi l’ensemble des destructions ne peut pas être sérieusement présenté comme une simple preuve de vengeance israélienne ou d’anéantissement indiscriminé.


Le Hamas a systématiquement associé ses infrastructures militaires au tissu urbain civil de Gaza. Le réseau de tunnels largement ramifié, les puits dissimulés, les dépôts d’armes, les pièges explosifs, les embuscades et la réinfiltration de zones évacuées ont fait de la ville elle-même une partie essentielle du champ de bataille.

Pour expliquer l’ampleur des destructions, il faut donc considérer ensemble la guerre menée au-dessus et sous terre. Les ruines montrent le résultat. Sans le Hamas, la guerre des tunnels et les combats urbains, elles n’expliquent pas comment ce résultat s’est produit.

Celui qui ne montre que les ruines et passe le Hamas sous silence ne raconte pas toute l’histoire…


ℹ️ Base factuelle et sources primaires de l’article 📑

▶️ Forces de défense israéliennes :
The War Against Hamas: Answering Your Most Pressing Questions
Documentation sur l’utilisation militaire de zones civiles, les infrastructures souterraines et la conduite des opérations israéliennes contre le Hamas.

▶️ Forces de défense israéliennes :
Hamas Weapons Located in UNRWA Bags Near Civilian Buildings
Rapport opérationnel d’avril 2025 sur la découverte d’armes et de maisons piégées à Rafah, avec des images et des indications sur les lieux des découvertes.

▶️ Armée américaine :
Subterranean Operations: Israeli Defense Force Lessons from Gaza
Analyse de l’armée américaine, datée de septembre 2025, sur l’ampleur, la structure, la fonction et la lutte contre le réseau de tunnels du Hamas.

▶️ Modern War Institute de West Point :
These Are the Challenges Awaiting Israeli Ground Forces in Gaza
Analyse du Modern War Institute consacrée aux dangers particuliers et aux problèmes tactiques d’une guerre terrestre dans la bande de Gaza densément bâtie.

▶️ Modern War Institute de West Point :
The Destructive Age of Urban Warfare
Analyse fondamentale de l’ampleur des destructions causées par les combats modernes dans les villes.

▶️ Modern War Institute de West Point :
Israel, Gaza, and the Looming Challenges of Urban Warfare
Mise en contexte des défis militaires, civils et opérationnels de la guerre urbaine à Gaza.

▶️ Comité international de la Croix-Rouge :
Article 52 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève
Définition des biens de caractère civil et des objectifs militaires, ainsi que règle applicable en cas de doute concernant des bâtiments habituellement utilisés à des fins civiles.

▶️ Comité international de la Croix-Rouge :
Customary IHL Rule 7: Distinction Between Civilian Objects and Military Objectives
Règle fondamentale du droit international humanitaire relative à la distinction entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires.

▶️ Comité international de la Croix-Rouge :
Frequently Asked Questions on the Rules of War
Présentation des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.

▶️ Comité international de la Croix-Rouge :
Human Shields
Qualification juridique de l’interdiction d’utiliser la présence ou les mouvements de civils pour protéger des objectifs ou des opérations militaires.

▶️ Nations unies :
Rapport de la commission d’enquête de l’ONU sur les attaques du 7 octobre 2023
Enquête sur les attaques délibérées contre des civils, les prises d’otages et les autres crimes commis par le Hamas et d’autres groupes armés.

▶️ UNOSAT :
Gaza Strip Comprehensive Damage Assessment
Évaluation des dommages fondée sur des données satellitaires arrêtées au 11 octobre 2025.

▶️ Union européenne, Nations unies et Banque mondiale :
Gaza Strip Rapid Damage and Needs Assessment
Évaluation conjointe des dommages physiques, des pertes économiques et des besoins de reconstruction dans la bande de Gaza au 20 avril 2026.

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